LexisNexis, filiale de RELX, scelle un partenariat stratégique avec la legaltech américaine Harvey, valorisée à plus de 715 millions de dollars après sa dernière levée de fonds menée par Sequoia au début de l’année 2025. Objectif : intégrer le moteur d’intelligence artificielle (IA) conversationnelle de Harvey à la puissance documentaire de LexisNexis.

Coup de tonnerre aux États-Unis. Les utilisateurs de la plateforme Harvey bénéficieront désormais d’un accès direct aux contenus juridiques de LexisNexis — textes de loi, jurisprudences américaines, doctrines — grâce à l’assistant IA  « Protégé », accessible uniquement aux abonnés de l'éditeur juridique détenu par le groupe européen RELX. Les réponses générées seront automatiquement sourcées grâce à Shepard’s Citations, l’index de citations de référence du droit américain.

Deux premiers produits sont en cours de codéveloppement : un « Motion to Dismiss Workflow », conçu pour générer projets de conclusion et communications clients sur la base des données agrégées par LexisNexis. Et un « Motion for Summary Judgment Workflow », centré sur la rédaction automatisée des requêtes de jugement sommaire. Le lancement de ces deux produits est annoncé pour fin 2025.

Sean Fitzpatrick, CEO de LexisNexis North America, UK and Ireland, nous explique : « Ce partenariat reflète notre engagement à fournir (aux professionnels du droit) des réponses de la plus haute qualité, à simplifier et optimiser le travail juridique. » Quant au PDG de Harvey, Winston Weinberg, il évoque « un accès sans couture à des réponses fiables et étayées par des sources et des citations ».

Plus de 2 500 professionnels du droit utilisent déjà l’IA de Harvey, dont des cabinets d’élite américains comme A&O Shearman ou encore Reed Smith. Ce qui positionne la start-up comme l’interface de référence dans la valorisation des contenus de LexisNexis outre-Atlantique. Des contenus que l’éditeur n’utilisait pas en dehors de ses propres outils.

L’enjeu est clair : s’imposer dans la course à l’IA juridique sans sacrifier la fiabilité des sources utilisées. Et sans perdre la main sur les données.

 

Jonathan Banuelos