La start-up d’IA spécialisée dans l’IA juridique Harvey s’installe à Paris. Dans ses valises : son partenariat avec Deep Judge, Contract Intelligence, destiné à gérer les contrats au sein des directions juridiques, et Command Center, pour piloter et optimiser l’IA dans les cabinets.
Harvey débarque en France avec trois annonces exclusives
Harvey accélère le pas et annonce le déploiement de trois nouveaux produits, seulement quelques jours après son arrivée en France. Son bureau parisien, qui devrait compter d’ici septembre quinze nouveaux membres, dont des anciens avocats à la cour, « vise à transformer l’approche de l’IA dans les cabinets et les entreprises pour s’intégrer au mieux dans les équipes et les aider à construire des agents IA, adaptés au droit français et à leur pratique. Cette automatisation des tâches permet de se concentrer sur la stratégie et l’analyse de risques », résume Paul Chossegros, avocat de formation et ancien consultant en stratégie IA pour McKinsey, désormais représentant de l’antenne parisienne d’Harvey.
Une IA juridique nourrie par la mémoire des cabinets
La première annonce concerne les avocats, les premiers clients d’Harvey. En France, la start-up compte déjà de beaux noms du milieu, comme Bredin Prat, August Debouzy et CMS Francis Lefebvre. L’entreprise valorisée à plus de 11 millards de dollars s’associe à Deep Judge, une plateforme d’intelligence institutionnelle pour l’IA juridique. Concrètement, Harvey apporte l’IA juridique (rédaction, recherche, analyse) et DeepJudge apporte l’historique interne du cabinet : anciens dossiers, positions négociées, mémos, formulations validées, savoir-faire, etc. Le bénéfice du partenariat ? Transformer la connaissance accumulée d’un cabinet en avantage concurrentiel, gagner du temps sans perdre la cohérence ni les standards internes et faire en sorte que chaque nouveau dossier enrichisse automatiquement la base de connaissance collective. Ce partenariat répond à une demande constance des cabinets d’avocats : « Permettre à l’IA juridique d’intégrer le contexte interne de chaque pratique dans la production et la revue des documents. » Ce partenariat permet d’avoir accès à une IA juridique personnalisée par la mémoire et les pratiques historiques du cabinet, pour rendre les agents IA plus fiables, cohérents et différenciants.
Contract Intelligence : l’analyse contractuelle à grande échelle
Les directions juridiques ne sont pas oubliées chez Harvey, qui lance Contract Intelligence. Le système offre une revue globale de tous les contrats de l’entreprise, depuis sa réception jusqu’à leur signature. « Avec Contract Intelligence, le traitement des contrats est automatisé et accéléré. Il permet également de capitaliser sur les anciens contrats et habitudes de négociation et donner une vue globale des risques et engagements contractuels », explique Paul Chossegros. Concrètement, Contract Intelligence reçoit tous les contrats de l’entreprise et les lit une première fois et identifie les clauses qui peuvent être problématiques et proposent une modification, « toujours sous le contrôle de l’humain, pour s’assurer de la très haute qualité des produits finis ». En plus d’être très adaptable, la solution offre une vision en hauteur de l’ensemble des contrats reçus au sein de l’entreprise et y intègre les habitudes de chacune dans son analyse.
Piloter l’adoption de l’IA dans les cabinets
Mais comment savoir si ces outils sont utilisés par les principaux concernés et comment optimiser leur usage ? « Avec Command Center, les utilisateurs d’Harvey ont accès au degré d’utilisation par départements, bureaux et produits. » Conçu pour aider les cabinets à identifier les tendances d’adoption, les concentrations d’usage et les domaines dans lesquels les efforts de déploiement nécessitent davantage de soutien ou de formation, Command Center propose également une comparaison anonymisée des niveaux d’adoption par rapport à celui d’autres cabinets, ce qui permet à leurs clients de se positionner sur l’utilisation de l’IA en entreprise. « L’enjeu, c’est de faire d’Harvey non plus seulement un outil de production à partir de l’IA, mais également un outil de pilotage de mise en œuvre au sein des organisations (…) Quand les cabinets se mettent à utiliser l’IA, il est nécessaire d’optimiser ce gain et passer de l’individuel au collectif », conclut Paul Chossegros.