Avec Mare & Martin, Mathieu Perrin propose une liste de 100 films à voir (ou revoir) lorsque l’on est juriste. Et analyse pourquoi.
100 ans de cinéma avec Mathieu Perrin
Paru en mars 2025 aux éditions Mare & Martin, 100 films à voir (ou à revoir) lorsque l’on est juriste se veut une anthologie des productions ayant mis à l’honneur l’univers du droit, que ce soit en France, aux États-Unis, en Angleterre ou encore au Japon, en Turquie et en Égypte. Ces films, plus ou moins célèbres, Mathieu Perrin a décidé de les décortiquer, avec l’aide de plus d’une centaine de contributeurs. L’objectif : expliquer en trois pages pourquoi ils sont incontournables pour un juriste.
Cent ans de production cinématographique et 100 films, de La Grève (Union soviétique) datant de 1924 – avant même le cinéma parlant – et relatant les révolutions ouvrières dans la Russie tsariste à Borgo (France) en salle en 2024 qui raconte l’histoire d’une jeune surveillante pénitentiaire au sein d’une prison corse. 100 films à voir (ou à revoir) lorsque l’on est juriste revient sur les œuvres du 7e art dépeignant le monde judiciaire qui ont marqué les esprits. Nous retrouvons au pays de l’Oncle Sam les inévitables Douze hommes en colère (1957) ainsi que sa « représentation nuancée du processus décisionnel juridique et [sa mise] en lumière [de] l’importance du doute raisonnable » ; Erin Brockovich, seule contre tous (2001) avec « son exploration profonde des enjeux juridiques, éthiques et déontologiques ». Pour ce qui est des œuvres françaises, les auteurs ne manquent pas de se pencher sur la « fresque tragique de premier ordre » des hommes et des dieux (2010), « les rouages d’une justice implacable » à l’œuvre dans Omar m’a tuer (2011) et sur le multiprimé Anatomie d’une chute (2023) qu’il n’est plus besoin de présenter.
L’ouvrage aborde également des œuvres moins connues, moins « mainstream » et moins occidentales. C’est le cas de Rashōmon (1950), une production japonaise dont le « regard acéré [sur] la “vérité judiciaire”» frappe les esprits et l’un des premiers films à utiliser des flashbacks. De Au nom de la loi (1952), inspiré d’un fait divers turc et mettant en scène la lutte entre la loi et la coutume. Ou encore du coréen JSA (Joint Security Area) (2000) « l’un des meilleurs films antimilitaristes jamais tournés » qui « dépeint avec brio l’absurdité de la guerre et la volonté des peuples à ne vivre qu’en paix ». Le film d’animation – japonais bien sûr – n’est pas oublié, et l’ouvrage de faire référence à l’inoubliable Akira (1988) qui « interroge la légitimité de l’utilisation de la force par l’État et ses limites ».
Analysés par des doctorants et des professeurs de droit (privé, public, canon), des historiens, des avocats, des magistrats, des juristes et même un ambassadeur, les films présentés se parent de nouveaux atouts grâce au talent de leurs critiques, lesquels questionnent, par là même, cette matière complexe qu’est le droit. L’ouvrage se destine certes aux juristes curieux, mais ravira également les cinéphiles amateurs et aguerris, désireux de voir ces films ou de les revoir avec un œil neuf.
À offrir, se faire offrir et à consulter sans modération pour votre prochaine séance cinéma du week-end ou pour vos vacances. Ensuite, il s’agira de se mettre aux séries...
100 films à voir (ou à revoir) lorsque l’on est juriste, sous la direction de Mathieu Perrin, Mare & Martin, 444 pages, 34 euros
Chloé Lassel
Image : Jugement de Nuremberg, Stanley Kramer (1961)