Mercredi 6 mai, Marc Guillaume a été nommé vice-président du Conseil d’État en Conseil des ministres. Préfet de Paris et de la région Île-de-France depuis 2020, il succède à Didier-Roland Tabuteau à la tête de la plus haute juridiction administrative.
Marc Guillaume est nommé vice-président du Conseil d’État
Ça bouge au Conseil d’État. Marc Guillaume devient vice-président de l’institution.
Cette nomination intervient après plusieurs tentatives restées infructueuses pour accéder à cette fonction, réputée parmi les plus influentes de l’appareil d’État.
À sa sortie de l’ENA au début des années 1990, Marc Guillaume intègre déjà le Conseil d’État en qualité de maître des requêtes. Il y acquiert ses premiers repères avant de poursuivre sa trajectoire dans d’autres institutions majeures. Il se distingue notamment au Conseil constitutionnel, où il occupe pendant plusieurs années les fonctions stratégiques de secrétaire général, sous la présidence de Jean-Louis Debré. Spécialiste reconnu du droit constitutionnel, il cosigne avec Guy Carcassonne un ouvrage de référence consacré à la Constitution, régulièrement actualisé.
Sa carrière se poursuit au cœur de l’exécutif lorsqu’il est nommé secrétaire général du gouvernement en 2015, sous la présidence de François Hollande. Il conserve cette fonction après l’alternance politique liée à l’arrivée de Emmanuel Macron.
Au fil des années, il s’impose comme un acteur central du fonctionnement administratif de l’État, reconnu pour sa maîtrise des mécanismes juridiques et décisionnels, mais aussi pour son influence dans les arbitrages gouvernementaux.
Accusations de comportements sexistes
Son parcours n’a toutefois pas été linéaire. Plusieurs épisodes ont retardé son accession à la présidence de la haute juridiction administrative, fonction à laquelle il avait déjà été pressenti par le passé, notamment en 2018 lorsque la succession de Jean-Marc Sauvé était en discussion, finalement confiée à Bruno Lasserre. En juillet 2020, lors de la nomination de Jean Castex comme Premier ministre, il est écarté de ses fonctions de secrétaire général du gouvernement. Au même moment, l’énarque est accusé par les conseillères de l’Élysée de comportements sexistes. Et démissionne du conseil d’administration de Sciences Po dans un contexte de crise touchant l’institution, liée à Olivier Duhamel.
Entre-temps, il occupe les fonctions de préfet de la région Île-de-France, poste qu’il exerce durant près de six ans. À ce titre, il supervise des projets d’envergure, notamment dans le cadre de la préparation des grands événements internationaux organisés à Paris. Il s’est notamment illustré dans la préparation des Jeux olympiques de Paris 2024, dont les chantiers d’infrastructures et les enjeux environnementaux, comme la dépollution de la Seine.
Soupçons de nominations entre proches en fin de quinquennat
À 61 ans, Marc Guillaume prend désormais la direction du Conseil d’État, institution à la fois juge suprême de l’ordre administratif et conseiller du gouvernement. À un an de la fin du mandat d’Emmanuel Macron, cette nomination suscite de nombreuses discussions : le chef de l’État est notamment soupçonné de copinage, plaçant ses alliés politiques tout en haut des sphères de l’appareil étatique, notamment avec la nomination de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel et d’Amélie de Montchalin à tête de la Cour des comptes. Du côté de l’Élysée, on justifie ces mouvements par une volonté de « sécuriser les institutions ».