Associée cofondatrice du bureau parisien de Signature Litigation, Sylvie Gallage-Alwis incarne une figure incontournable du monde juridique, associant technicité, leadership et sensibilité. Son parcours, entre rigueur intellectuelle et passion pour le droit, inspirera quiconque cherche à conjuguer ambition et éthique.
Sylvie Gallage-Alwis, de l'aplomb et des ailes
Fille unique d’un père sri-lankais et d’une mère roumaine, Sylvie Gallage-Alwis porte en elle l’héritage d’une histoire familiale où priment l’épanouissement par l’effort et l’aspiration au dépassement. Et rêve, depuis son plus jeune âge, de devenir avocate.
J’apprends donc je suis
Sylvie Gallage-Alwis grandit à Montmartre, où la promesse silencieuse d’une ascension sociale et le murmure incessant des défis à relever structureront son enfance. Ses parents, empreints d’une foi inébranlable en l’éducation, consacrent chaque instant de leur vie à bâtir pour leur fille un avenir que ni la modestie de leurs moyens ni les contingences de leur exil ne sauraient limiter. Leur détermination la conduit au prestigieux lycée Carnot, où elle effectuera une scolarité pleine de souvenirs joyeux, qui ont notamment pour cadre son café préféré, où elle a choisi de nous raconter son histoire. Son baccalauréat en poche, elle s’inscrit à la faculté d’Assas et entame un cursus marqué par cette insatiable curiosité qui deviendra le fil conducteur de sa vie. Là, dans l’amphithéâtre parfois intimidant d’une institution exigeante, elle fait ses premiers pas dans l’univers du droit, où se mêlent l’ordre et la complexité, le verbe et la loi.
Mais le destin de cette jeune femme ambitieuse ne saurait se limiter aux frontières d’une salle de cours. Avide de découvertes, Sylvie Gallage-Alwis quitte Paris pour le Trinity College de Dublin, impatiente de vivre cette année d’Erasmus longtemps désirée. Ce séjour, loin d’être une simple parenthèse, marque une étape : son anglais, qu’elle pratique avec son père depuis l’enfance, se perfectionne et se transforme en un véritable atout. Au contact de nouvelles cultures, elle vit un dépaysement qui élargit sa vision du monde juridique. Revenue à Paris, elle poursuit sereinement son ascension, enchaînant maîtrise en droit européen et DEA en droit international privé. Autant d’échelons gravis avec une rigueur et un sérieux sans pareils, ce qui ne l’empêche pas d’entretenir avec beaucoup de soin ses liens de camaraderie.
Fascinée par la minutie et la technicité du contentieux, Sylvie Gallage-Alwis se laisse séduire par cette spécialité où le droit devient enquête, où chaque dossier la plonge dans un univers spécifique
Désireuse d’éprouver son envie d’apprendre en relevant de nouveaux défis, elle s’inscrit à la London School of Economics. Cette expérience londonienne, qui conjugue l’exigence académique d’une université réputée et l’effervescence d’une ville cosmopolite, la propulse au rang des juristes les plus prometteurs de sa génération. Sur les conseils de sa mère, figure tutélaire de son parcours, la jeune femme complète cette formation avec un passage à l’Essec, et obtient un master en droit et management. Une corde de plus à son arsenal intellectuel, la science de la gestion s’avérant indispensable pour embrasser les subtilités de la pratique du droit.
L’art du contentieux
C’est une rencontre fortuite avec Thomas Rouhette, alors associé chez Lovells (devenu Hogan Lovells), qui scelle sa trajectoire professionnelle. Fascinée par la minutie et la technicité du contentieux, Sylvie Gallage-Alwis se laisse séduire par cette spécialité où le droit devient enquête, où chaque dossier la plonge dans un univers spécifique. Stagiaire chez Lovells, elle découvre un terrain de jeu stimulant à la hauteur de ses aspirations. Là, dans l’atmosphère feutrée et prestigieuse du cabinet, elle se confronte à des affaires complexes qui la conduisent à explorer les méandres du droit des produits industriels, notamment dans le cadre de dossiers liés à l’amiante. Un matériau à l’histoire juridique chargée de controverses qui deviendra le théâtre de son premier grand combat judiciaire. Sciences, industrie et drames humains… Elle découvre toute l’ampleur de la responsabilité qui incombe à l’avocat. Dix-sept ans plus tard, son savoir-faire dans ce domaine reste inégalé et elle peut s’enorgueillir d’avoir façonné une jurisprudence novatrice et inscrit plusieurs arrêts dans le Code civil. Pourtant, l’avocate ne s’arrête pas là. Moteurs de navire, batteries de téléphone ou cosmétiques : chaque affaire devient pour elle l’occasion de repousser les limites de sa connaissance et de son engagement dans la discipline.
Au service du collectif
En 2019, Sylvie Gallage-Alwis cofonde Signature Litigation à Paris, qui lui permet d’allier ses passions pour le droit, le management et la transmission. Dans ce cabinet, qu’elle conçoit comme une symphonie, chacun de ses collaborateurs a sa partition à jouer. Fidèles depuis les débuts, ils forment un collectif uni par la bienveillance, l’excellence et l’enthousiasme, des valeurs qui lui tiennent à cœur.
Derrière l’experte se cache une femme profondément humaine. Certaines audiences, en particulier celles liées à l’amiante, l’ont placée dans des situations extrêmement tendues, comme lors de cette journée à Bobigny où elle a dû plaider sous la menace explicite d’agressions. Mais, loin de fléchir, elle y a trouvé une force, un rappel poignant que le droit était, avant tout, un domaine au service de la justice et de la société.
Si elle s’investit corps et âme dans ses dossiers, Sylvie Gallage-Alwis accorde au cinéma une place centrale dans son existence. Celle qui considère le septième art comme une source d’inspiration constante et apprécie plus que tout les univers fantastiques de Game of Thrones ou de Marvel nous rappelle que l’imaginaire est souvent le moteur de l’innovation. Et lorsqu’elle ne fréquente pas les salles obscures, cette amatrice de gastronomie se laisse séduire par les créations subtiles du restaurant Pages dans le 16e arrondissement, qui marie avec audace traditions culinaires françaises et japonaises.
Toujours tournée vers l’avenir, Sylvie Gallage-Alwis aspire à maîtriser les enjeux juridiques suscités par l’intelligence artificielle. Cette technologie, qu’elle perçoit comme une révolution « comparable à celle de l’électricité ou d’Internet », nourrit sa réflexion sur les responsabilités futures des juristes face à des produits toujours plus innovants. Le sourire enjoué qu’elle affiche en évoquant ce nouveau domaine à explorer constitue une preuve, s’il en fallait, de son inextinguible soif d’apprendre.
Cem Algul
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