Louis Ladaigue est associé chez astella avocats, aux côtés de son mentor Charlotte Bertrand, qu’il a rencontrée chez Fromont Briens. Portrait d’un des benjamins de notre dossier La Relève 2026, déjà incontournable dans le monde du droit des rémunérations et de la protection sociale.

C’est au café Marly, face au Musée du Louvre, que Louis Ladaigue donne rendez-vous à Décideurs. Le jeune avocat, qui suit des cours d’histoire de l’art au Louvre toutes les semaines, est un habitué des lieux. Celui qui « craint de dire des banalités » à son sujet se prête toutefois volontiers à l’exercice, et déroule le fil d’un parcours déjà impressionnant à seulement 31 ans.

De l’histoire antique au droit de la rémunération

Louis Ladaigue décroche son bac à 15 ans. Déjà féru d’histoire antique, il se rêve paléontologue ou journaliste d’investigation. Il choisit finalement la fameuse « voie qui mène à tout » : le droit. Le jeune homme passe ses années de licence à Nice, « sans grand intérêt pour la matière », de son propre aveu. Son entrée en master 1 droit social à la Sorbonne à Paris change la donne : le Niçois découvre le droit des rémunérations et de la protection sociale et se passionne pour cette matière. Son master 2 en poche, il intègre Fromont Briens pour son stage de fin d’études. C’est là qu’il rencontre Charlotte Bertrand, associée du cabinet, qui devient très rapidement son mentor. Empreint de pudeur, l’avocat dit d’elle qu’elle lui a beaucoup appris, et souligne la chance qu’il a eu de croiser les bonnes personnes dès le début de sa carrière.

« Je n’ai jamais été aussi heureux professionnellement que depuis la création du cabinet » 

Son père, un centralien qui a passé sa carrière chez EDF, et sa mère, qui a dirigé des maisons de retraite, lui transmettent « le goût du travail, la curiosité et le sens de l’observation ». Ce goût de l’effort et cette rigueur, il les met en application dès son arrivée chez Fromont Briens. Charlotte Bertrand, qui traite alors peu les sujets de rémunération et de partage de la valeur, lui laisse le champ libre. La naissance d’un duo tenace – les deux partenaires sont aujourd’hui associés au sein d’astella avocats – et le début d’un engouement jamais démenti pour la spécialité, qui mêle droit du travail, droit fiscal, bancaire et droit des assurances. Dans ce grand cabinet, Louis Ladaigue s’emploie à mobiliser toute son énergie et sa pugnacité pour traiter les dossiers que Charlotte Bertrand et d’autres associés lui confient rapidement. L’avocat reconnaît volontiers qu’une partie de sa pratique est générée par la complexité des normes en droit de la paie, qu’il se plaît à « décortiquer ». Son mantra : aller droit au but et délivrer à ses clients des conseils aussi clairs qu’aisément applicables.  

astella et au-delà

En décembre 2022, alors que Fromont Briens traverse une période de turbulences, Charlotte Bertrand et Louis Ladaigue quittent le cabinet et rejoignent Avanty. L’expérience n’est pas toutefois pas concluante et s’achève au bout d’un an et trois mois seulement.

Une épreuve qui a poussé les deux avocats à fonder leur propre boutique : astella avocats voit le jour en avril 2024. Si Louis Ladaigue s’était toujours vu associé au sein d’une grande maison, la naissance d’astella a rebattu les cartes : « Je n’ai jamais été aussi heureux professionnellement que depuis la création du cabinet », confesse l’avocat, qui accompagne une clientèle prestigieuse et gère des affaires majeures. Il évoque avec verve les dossiers de redressement Urssaf, au cours desquels il se plaît à trouver des failles dans la procédure, voire dans des textes de loi. « Une mécanique intellectuelle addictive » qui lui permet d’obtenir des nullités de redressement pour ses clients.

Louis Ladaigue est la preuve que jeunesse rime avec talent : en décembre 2022, à seulement 28 ans, il décroche avec brio le certificat de spécialisation en droit de la Sécurité sociale et de la protection sociale délivré par l’EFB. Deux ans plus tard, il passe de l’autre côté de la barrière, en tant que membre du jury. À son enthousiasme s’ajoute son envie de transmettre, aux collaboratrices de son cabinet comme à la jeune génération. Cette année, il intervient au sein du master DPSE de Paris 1, pour lequel il n’avait pas été sélectionné. Une belle revanche.

Caroline de Senneville