L’Autorité de la concurrence autorise Airbus à reprendre une partie des actifs de Spirit AeroSystems, et ce, sans conditions. Quelques jours plus tôt, la Commission européenne a accepté la reprise d’autres actifs de Spirit AeroSystems par Boeing.
Feu vert pour le rachat des actifs Spirit AeroSystems par Airbus
Pas de pépin pour Airbus. Le constructeur aéronautique est autorisé à racheter une partie des actifs de la société Spirit AeroSystems. L’opération concerne uniquement la conception et la fabrication d’aérostructures (structures de fuselage, des structures d’ailes et des pylônes) exclusivement destinées aux avions commerciaux d’Airbus.
Sur le marché direct de la fourniture de pièces d’aéronefs, le gendarme français de la concurrence écarte sans difficulté tout risque d’atteinte au marché. Les éventuels effets verticaux ont également rapidement été évacués pour deux raisons. D’une part, parce l’activité de conception d’aérostructures de Spirit AeroSystems était déjà uniquement consacrée à Airbus avant même le rachat et ne change donc rien à la structure du marché existant. D’autre part, les relations entre fournisseurs de pièces d’aéronefs et les constructeurs aéronautiques sont caractérisées par leur longue durée, la concurrence directe y est donc de toute façon assez limitée.
Autre risque soulevé par l’Autorité : le partage d’informations commerciales sensibles, notamment entre Boeing et Airbus qui se partagent désormais les actifs de Spirit AeroSystems. En imposant que ces actifs soient séparés pour certains sites (ceux de Belfast, Wichita, Prestwick et Casablanca), la Commission européenne avait déjà pris les devants en autorisant leurs rachats par Boeing. Cette séparation, attentivement suivie par l’exécutif européen assisté d’un mandataire agréé, neutralise la possibilité d’éventuels partages d’informations sensibles entre les deux constructeurs d’avions concurrents.
Ilona Petit