L’Autorité des marchés financiers a publié sa cartographie 2026 des risques et des marchés. Les axes de vigilance ? Les risques liés à la macroéconomie et non pas les marchés financiers eux-mêmes, qui composent un système financier résilient.

Instabilités géopolitiques, tensions commerciales, évolution des marchés financiers… La place financière a absorbé et continue d’absorber moult impacts. Si l’instabilité économique mondiale est indéniable, l’édition 2026 de la cartographie dresse un constat rassurant : les marchés financiers montrent une forte capacité de résilience. « En dépit d’un épisode de correction et de forte volatilité consécutif au déclenchement du conflit avec l’Iran », le régulateur note, par exemple, que « les marchés sont demeurés globalement ordonnés et résilients ».  

L’AMF identifie des marchés qui savent s’adapter aux instabilités, tant du côté des marchés obligataires, dont les conditions de liquidité sont restées globalement favorables, que des fonds d’investissement, qui continuent également de bénéficier d’effets de valorisation favorables. Sont également concernés les marchés actions qui, malgré le conflit au Moyen-Orient, ont retrouvé, voire dépassé, leur niveau « d’avant crise ». Le résultat est plus contrasté pour les marchés de la crypto, plus perméables à l’instabilité économique, qui poursuivent leur phase de correction.

Ce paysage financier dépeint par le régulateur n’illustre, au demeurant, que la continuité des principaux risques déjà identifiés en 2025. Pas de surprise donc pour le gendarme financier pour qui l’enjeu réside désormais dans « l’adaptation continue des dispositifs de prévention et de réponse afin de limiter les risques opérationnels et systémiques ». Un régulateur averti, soit, mais qui ne manque pas d’exhorter la place financière à la plus haute vigilance.

Où résident alors l’incertitude et les potentiels angles morts des acteurs financiers d’après l’AMF ? En premier lieu, au niveau des risques cyber et géopolitiques qui mettent à l’épreuve la capacité de réaction des acteurs financiers. Le développement rapide de l’intelligence artificielle et de tous les enjeux opérationnels qui l’accompagnent constitue selon elle une « disruption potentiellement majeure ». Concernant les conflits mondiaux, le régulateur s’inquiète des conséquences encore insoupçonnées qui y sont liées. Si l’on a pu observer une « hausse marquée des prix de l’énergie » du fait de ces crises, on ne peut encore mesurer leur ampleur totale à ce jour. Une certitude transparaît néanmoins : l’imprévisibilité géopolitique induit une « dégradation des perspectives macroéconomiques ».

Le gendarme financier appelle, en outre, à une attention particulière vis-à-vis de l’endettement important de certaines entreprises, de l’essor des actifs privés – avec le développement de la finance et du crédit privés –, ou encore des fonds immobiliers qui sont particulièrement sensibles aux risques identifiés.

C’est sans oublier le cheval de bataille de l’Autorité des marchés financiers : la protection des investisseurs dont les profils évoluent et incluent désormais une nouvelle génération plus jeune et plus vulnérable face à la hausse des arnaques et des mécanismes de manipulation contre lesquels le régulateur se mobilise.

Yasmina Hedjam