Fin du suspense pour le big deal de l’année. Le rachat de SFR par le consortium Orange, Bouygues et Free sera au bout du compte examiné par le gendarme de la concurrence français, Bruxelles ayant renvoyé le dossier au régulateur français.
Rachat de SFR : le dossier entre les mains de l’Autorité de la concurrence
Le rachat de SFR par ses concurrents Bouygues Telecom, Orange et Free relève désormais de l’ADLC. Le 15 juillet 2026, la Commission européenne lui a renvoyé le dossier relatif à la prise de contrôle exclusif par Free de SFR.
Derrière cette opération se cachent en réalité trois concentrations distinctes. Chacun des membres du consortium – Bouygues Telecom, Orange et Free – reprend une partie des actifs de l’opérateur, ce qui nécessite l’examen séparé de chacune d’elles. Bouygues Telecom et Orange ont donc engagé le dialogue avec l’Autorité de la concurrence en lui transmettant certains éléments de pré-notification. De son côté, Free avait également entamé des discussions avec la Commission européenne : la prise de contrôle des actifs de SFR par le groupe Iliad pouvait relever de la Commission européenne plutôt que de l'Autorité française de la concurrence en raison de son chiffre d'affaires européen. Avant que Bruxelles ne tranche, Benoît Cœuré, président de l'Autorité de la concurrence, expliquait au Monde en juin dernier que les deux autorités devaient encore déterminer laquelle était la mieux placée pour examiner l'opération. Il ajoutait : « Nous avons tous à cœur que ça aille le plus vite possible pour qu’on puisse commencer à travailler. »
La Commission européenne, avec l’accord de Free, a finalement tranché : c’est l’ADLC qui est la mieux placée pour évaluer les risques anticoncurrentiels de l’opération, « au regard notamment de son impact sur le marché national, de [son] expérience dans ce secteur, et du contexte dans lequel s’inscrit cette opération, puisqu’elle est liée à deux autres concentrations de dimension nationale », rapporte le communiqué de l’Autorité de la concurrence. Le communiqué précise toutefois que la coopération entre Bruxelles et le régulateur français se poursuivra durant l’instruction. Pendant les dix-huit prochains mois, l’Autorité mènera conjointement l’instruction des trois opérations, en consultant notamment « les associations de défense des consommateurs, ainsi que les autorités sectorielles compétentes ». Verdict attendu fin 2027.
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Ilona Petit
Image générée à partir de l'IA