À partir du 27 mai 2025, Meta utilisera les informations publiques de ses utilisateurs majeurs afin d’améliorer son modèle d’intelligence artificielle générative. Ceux qui souhaitent s’y opposer peuvent le faire sur les différentes plateformes de Meta concernées par cette nouvelle politique.

Le 7 avril 2025, Meta a mis à jour sa politique de confidentialité. Au programme : l’utilisation à compter du 27 mai 2025 des informations publiques des utilisateurs, de plus de 18 ans, issues des produits Meta afin d’entraîner son intelligence artificielle (IA) générative. Aux données déjà accessibles en ligne, ainsi qu’à celles sous licence, s’ajouteront désormais les données personnelles des utilisateurs. Toutefois, l’opposition est possible, la démarche ne prenant que quelques minutes. En revanche, les types de données réellement concernés par ce traitement restent flous.

Exit les applications de messagerie

Tout d’abord, seuls les produits Meta sont concernés. C’est le cas de Facebook, Messenger, Instagram (y compris les applications Edit, Threads et Boomerang), mais également les produits et services de Meta Ireland Limited (la liste complète se trouve dans la politique de confidentialité du groupe). Exit WhatsApp, l’application de messagerie instantanée la plus utilisée au monde. Qu’en est-il des discussions sur Messenger ? Le groupe de Mark Zuckerberg précise que « le contenu des messages privés entre [les utilisateurs] et leurs ami(es) ou [leur] famille » ne sera pas utilisé pour entraîner leurs IA « à moins que [l’utilisateur] ou quelqu’un dans la discussion ne [choisisse] de partager ces messages avec » lesdites IA. Les conversations des applications de messagerie se trouvent donc, a priori, à l’abri de cette nouvelle politique.

Big brother is watching you

Si les utilisateurs des produits de la galaxie Meta sont assurés de ne pas voir leurs discussions privées devenir le terrain d’entraînement de l’IA de Meta, il n’en est pas de même du reste de leur activité sur les applications du géant de la Silicon Valley. Ce dernier indique que les informations publiques concernées « peuvent comprendre » les publications, les photos et leurs légendes, et les commentaires.

La réalité semble plus diffuse, puisque le Gafam distingue deux sortes de contenu public. Certes, il y a ceux que l’utilisateur rend public : publications, photos et vidéos, « stories » et « reels » publiés sur son profil. Mais il s’agit aussi des informations toujours publiques : nom, nom d’utilisateur, photo de profil ainsi que les activités dans les groupes, pages Facebook, canaux publics et sur les contenus publics (commentaires, évaluations, avis). Sans oublier que Meta utilise déjà les interactions des utilisateurs avec les fonctionnalités de l’IA. Conclusion : cela peut donc inclure plus de contenus que prévu.

Une opposition à deux vitesses

D’ailleurs, en matière de prévention, tous les utilisateurs de Meta ne sont pas logés à la même enseigne. Certains ont reçu des mails les prévenant de l’entraînement de l’IA à partir des « informations publiques qu’[ils ont] partagées sur les produits Meta depuis la création de [leur] compte ». En conséquence, ces utilisateurs ont été informés de leur possibilité de refuser. En revanche, d’autres usagers n’ont pas reçu ce mail et n’ont appris l’existence de cette nouvelle méthode d’entraînement qu’en consultant la politique de confidentialité du groupe (ce que peu de personnes font), par le bouche-à-oreille, ou grâce aux médias.

À noter, l’opposition confirmée depuis l’un des produits Meta vaut pour tous les comptes d’un même « Espace Comptes ». En revanche, si l’utilisateur dispose de comptes non reliés entre eux, il lui faudra s’opposer pour chacun. De plus, Meta prévient que le refus opéré par l’utilisateur ne compte pas lorsqu’il est identifié ou mentionné sur des photos ou des publications publiées publiquement par des tiers sur les produits du groupe.

Chloé Lassel