Mercredi 27 mai 2026, le Conseil de l’Ordre du barreau de Paris a voté la modification de son règlement intérieur qui prévoit désormais une priorité de passage aux femmes enceintes aux audiences.
Grossesse : le barreau de Paris adopte une priorité de passage aux avocates enceintes
Les femmes enceintes d’abord. En ce mercredi 27 mai 2026, le Conseil de l’ordre du barreau de Paris a voté une réforme importante de son règlement intérieur : les avocates enceintes deviennent prioritaires lors des audiences, quel que soit le stade de leur grossesse. La mesure avait été promise par le bâtonnier Louis Degos et la vice-bâtonnière Carine Denoit-Benteux lors de leur campagne. « Une grossesse ne doit jamais devenir un obstacle à l’exercice de notre profession », indique le communiqué. Dans certaines juridictions, les audiences peuvent se prolonger jusque tard dans la soirée, obligeant parfois les futures mères à patienter plusieurs heures avant d’être appelées.
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Une disposition déjà mise en œuvre en région
Si l’initiative du barreau parisien est saluée, elle n’est toutefois pas totalement inédite. Le barreau de Lyon a inscrit il y a deux ans déjà, en mars 2024, cette priorité aux femmes enceintes lors des audiences, « quel que soit leur stade de grossesse » à l’article LY 3.2.1.5 de son règlement intérieur. Les barreaux de Saint-Étienne et d’Angers avaient également adopté des dispositions similaires.
Reste que pour le barreau de Paris, le sujet est toutefois de haute importance : plus de la moitié de ses membres appartiennent à la gent féminine. En France, les femmes représentent 58,8 % de la profession en 2026, soit un peu plus de 40 000 femmes. Cette réforme intervient donc alors que les enjeux d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle deviennent centraux dans la profession. Dans une enquête publiée par Décideurs Juridiques sur la parentalité chez les avocats, plusieurs professionnels soulignaient que les jeunes générations acceptent de moins en moins les organisations incompatibles avec la vie familiale. Derrière la question pratique de la priorité de passage se joue aussi celle du maintien des femmes dans la profession, dont la plupart des cabinets déplorent le départ au moment où il faut concilier carrière et maternité.
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Le ventre, un sésame
L’institution entend également prendre en considération les réalités concrètes de la grossesse. « Les contraintes physiques existent dès les premières semaines », rappelle-t-elle. Sans oublier que la confraternité, valeur cardinale de la profession, « doit se traduire dans des règles concrètes ». Au barreau de Paris, d’autres actions ont été enclenchées, et notamment celle portée par Lise Le Borgne, Alice Oriol et Sabrina Kemel, en faveur de la parentalité : le projet secours diligences, la création d’une salle d’allaitement, la mise en place d’un fonds de secours parentalité, et l’accompagnement des jeunes parents.
La journaliste Pascale Robert-Diard raconte dans son roman La Petite Menteuse, inspiré de faits réels et de sa connaissance du milieu, qu’« à [son] époque, on rentrait son ventre pour cacher sa grossesse ». Désormais, ce ne sera plus le cas.
Anne-Laure Blouin