Le procès de Gérard Depardieu s’achève non sans bruit. Un collectif de près de 200 avocats publie une tribune pour appeler la justice à ne pas laisser passer le sexisme dans les tribunaux.

“Viser de manière répétée des consœurs car femmes, adopter une stratégie clairement sexiste, porter atteinte au respect de la robe qui leur est dû en attaquant leur sexe et/ou leur genre ne doit plus avoir sa place, jamais, dans une enceinte judiciaire.” Cette phrase extraite de la tribune publiée dans Le Monde et signée par près de 200 avocats résume leur coup de gueule. On y rappelle que nous vivons dans un monde où le masculinisme a le vent en poupe. On y invite l’ensemble de l’institution judiciaire à prendre ce phénomène en compte pour redoubler de vigilance vis-à-vis des “inégalités hommes-femmes”. Pour les signataires, une justice qui tolère le sexisme, sans rien dire, pour des raisons de gestions comptable ou administrative, n’est pas à la hauteur des enjeux actuels.

Un agresseur défendu par un agresseur

Le ton monte après les quatre jours d’audience houleux du procès de Gérard Depardieu, accusé d'agressions sexuelles par deux femmes sur le tournage du film Les Volets verts en 2021. Les avocates des victimes ont réclamé chacune 10 000 euros supplémentaires au titre de la victimisation secondaire, provoquée en l’espèce par le comportement de Jérémie Assous, l’avocat de l’acteur. Du côté de la défense, Claude Vincent résume : “Ce qu’on a vu pendant cette audience, ce n’était pas une stratégie de défense, c’était un agresseur défendu par un agresseur, qui s’en est pris à tout le monde.” Selon un article du Monde, le pénaliste Jérémie Assous a régulièrement coupé la parole à ses consœurs pour notamment les invectiver en employant des mots de vocabulaire comme “abjectes“, “ignobles” ou “stupides”, s’est moqué du “rire hystérique” de l’une, de la voix de l’autre, et leur a reproché d’être “plus militantes qu’avocates”. Et haussant le ton envers les victimes : “Ça suffit d’avoir des flashes à l’audience. Votre trauma, il est quand même relatif. C’est pas Guy Georges que vous avez vécu.”

Les signataires (plus de 150) pointent du doigt le “mutisme absolu du tribunal dans son ensemble” et “l’absence de réaction de l’ordre des avocats, pourtant représenté”. Selon eux, les sorties sexistes et misogynes de l’avocat de Depardieu dépassaient largement le cadre de l’exercice des droits de la défense. Parmi eux : Seydi Ba, du barreau de Paris ; Anne Bouillon, du barreau de Nantes ; William Bourdon, du barreau de Paris ; Charles Morel, du barreau de Paris ; Hugo Partouche, du barreau de Paris ; Matthieu Quinquis, du barreau de Paris. 

En réaction aux dix-huit mois de prison avec sursis requis à l'encontre de Gérard Depardieu, Jérémie Assous a invoqué le manque de courage du ministère public à ne pas requérir la relaxe et la pression sociale qui pesaient sur lui.

Liste complète des signataires :  ici 

 

Anne-Laure Blouin 

 

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