Dans le viseur du Parquet national financier (PNF) depuis 2023 pour des faits de corruption et blanchiment, l’opérateur télécom Altice a fait l’objet ce mardi 18 novembre d’une « opération judiciaire d’ampleur ». Une trentaine de perquisitions ont été réalisées et près de 14 millions d’euros ont été saisis par les autorités.
Altice : l’enquête pour corruption passe à la vitesse supérieure
Alerte rouge pour Altice. Le Parquet national financier donne un coup d’accélérateur à l’enquête pour fraude à l’encontre du groupe détenu par Patrick Drahi. Dans les tuyaux du PNF depuis septembre 2023 à la suite d’accusations de la police portugaise, le Parquet avait ouvert une enquête à l’encontre d’Altice pour des soupçons de « corruption privée, escroquerie en bande organisée et blanchiment ».
D’après des informations obtenues par le Monde, l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) aurait lancé ce mardi 18 novembre une vaste opération de perquisitions et de saisies sur l’ensemble du territoire français.
29 perquisitions et 14 millions d’euros saisis
Confirmée par Jean-François Bohnert, « cette action coordonnée visait à récupérer des éléments de preuve utiles à la poursuite des investigations », explique le président du PNF. Au total, ce sont une trentaine de locaux qui ont été perquisitionnés – une quinzaine de domiciles privés, dont celui de l’ancien associé de Patrick Drahi, Armando Pereira, ainsi que quatorze entreprises ayant travaillé avec Altice – relate le Monde. D’après le communiqué du PNF, l’opération a permis de saisir « plus de 14 millions d’euros sur des groupes bancaires » ainsi que « des objets et voitures de luxe ».
Le PNF soupçonne Altice et certains de ses fournisseurs d’avoir créé « un réseau de sociétés écrans ». Le mécanisme aurait ensuite permis de surfacturer des prestations de services et de biens dont les fonds récoltés auraient ensuite été blanchis en France et à l’étranger « au profit des principaux instigateurs de ce système », indique le communiqué.
En juillet 2023, Armando Pereira, ex-bras droit de Patrick Drahi, est arrêté par la police portugaise pour des faits de corruption et blanchiment. Plusieurs employés du groupe Altice sont alors soupçonnés de s’être enrichis par le biais de facturations sur des transactions illégales. La manœuvre frauduleuse aurait-elle traversé les frontières ? C’est désormais à la justice française de trancher.
Ilona Petit