Condamné à douze mois de suspension, dont cinq fermes par le Conseil de l’ordre du barreau de Paris en juillet dernier pour des « manquements déontologiques », Antoine Vey se désiste de son appel. L’ex-associé d’Eric Dupond-Morretti continue de nier les faits qui lui sont reprochés, mais se refuse à alimenter toute polémique.

C’est officiel, Antoine Vey sera bientôt suspendu  pour « manquements » déontologiques et « mauvais management » de ses anciens collaborateurs.  

Antoine Vey renonce à son appel

C’est par le biais de son avocat, Emmanuel Marsigny, qu’Antoine Vey a fait savoir qu’il renonçait à son appel contre la décision du Conseil de l’ordre du barreau de Paris qui l’avait condamné à douze mois de suspension, dont cinq fermes, à l’été dernier.

Dans sa décision rendue le 17 juillet, l’instance disciplinaire considère que les faits « réitérés » ont « entraîné une dégradation de l’état de santé de plusieurs » d’entre eux, soulignant la « confusion des genres » et les « tactiques manipulatrices » de l’avocat : « Ce n’est pas parce qu’un mauvais management est érigé en règle au sein d’un cabinet d’avocats qu’il n’en demeure pas moins contraire à la déontologie des avocats. »

Le Conseil de l’Ordre avait également retenu des « propos désobligeants, à connotation sexiste, ethnicisée ou religieuse », mais écarté des faits de harcèlement sexuel.

« Tourner la page »

S’il continue de contester les faits qui lui sont reprochés, l’ex-associé d’Éric Dupond Morreti affirme avoir « acquis la conviction » que sa « parole ne sera pas entendue ». « Je n’ai plus à cœur de continuer à alimenter des polémiques, confie-t-il. Je souhaite tourner la page de ces accusations. Il me faut accepter de ne pas poursuivre un combat personnel qui ne pourra que nuire à mon cabinet et à tous ses membres. »

Romain Ruiz, l’un des avocats des plaignants, considère quant à lui que ce désistement ne fait que confirmer la culpabilité du célèbre avocat : « Après avoir crié au complot et annoncé en grande pompe qu’il faisait appel, Antoine Vey reconnaît par ce désistement qu’il est bien coupable de ce qu’on lui reproche », écrit-il.

D’après « une source proche du dossier », celui qui a défendu Julien Assange ou encore Jérôme Cahuzac serait « par ailleurs l’objet depuis fin 2024 d’une information judiciaire à Paris, principalement pour harcèlement moral au travail », écrit Le Parisien.

Quoi qu’il en soit, la suspension d’Antoine Vey débutera officiellement le 19 mars prochain, date à laquelle la décision d’appel sera formellement rendue.

Procès Casino

Depuis sa condamnation par le conseil de l’Ordre, le sulfureux avocat a continué à arpenter les tribunaux, l’appel initialement interjeté étant suspensif de la décision. Antoine Vey a notamment défendu Nicolas Boudot, directeur de la communication de Jean-Charles Naouri, ex-PDG de Casino, accusé de corruption et manipulation de cours et condamné en janvier dernier à quatre ans de prison. L’ancien directeur de la communication a pour sa part écopé d’une peine de trois ans de prison avec sursis, d’une amende de plusieurs centaines de milliers d’euros ainsi que de l’interdiction d’exercer une fonction salariée liée à la communication au sein d’une société cotée pendant cinq ans.

Ilona Petit