Après deux mois de débats devant la chambre des appels correctionnels de la cour d’appel de Paris, le Parquet général a dévoilé mercredi ses réquisitions dans le dossier du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
Procès en appel du financement libyen : le parquet requiert à nouveau sept ans contre Nicolas Sarkozy
Fin des réquisitions dans le procès en appel du financement libyen de la campagne électorale de 2007 de Nicolas Sarkozy. Le ministère public a requis des peines particulièrement lourdes contre l’ancien chef de l’État et plusieurs de ses proches, estimant que les faits reprochés relevaient « des plus hauts niveaux de gravité que la République ait pu connaître ». Il a requis les mêmes peines que celles demandées en première instance à l’égard de l’ancien président : une peine de sept ans d’emprisonnement, une amende de 300 000 euros ainsi qu’une peine d’inéligibilité de cinq ans.
Ces réquisitions sont, pour plusieurs prévenus, plus sévères que les condamnations prononcées en première instance. En première instance, Nicolas Sarkozy avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs. En appel, le parquet général réclame désormais sept ans de prison, ainsi qu’une peine de cinq ans d’inéligibilité.
Pour Claude Guéant, les magistrats du parquet ont demandé une peine de six ans d’emprisonnement, une amende de 100 000 euros, la confiscation de la totalité de l’appartement situé à Paris ainsi que la restitution du bien immobilier situé à Durtal. En septembre 2025, l’ancien secrétaire général de l’Élysée avait été condamné à six ans de prison et 250 000 euros d’amende. Si le parquet a maintenu la peine d’emprisonnement, il a vu à la baisse l’amende réduite. Il a ajouté la confiscation de son appartement parisien.
Brice Hortefeux s’en tire avec des réquisitions à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans avec sursis, avec aménagement de la partie ferme sous bracelet électronique, 50 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Il avait été reconnu coupable en première instance aux côtés de Nicolas Sarkozy et Claude Guéant.
Relaxé en première instance, l’ancien ministre du Budget Éric Woerth est cette fois visé par des réquisitions de dix mois de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende.
Le parquet général a également requis :
- contre Alexandre Djouhri, six ans d’emprisonnement assortis d’un mandat de dépôt, 4 millions d’euros d’amende et quinze ans d’interdiction de gérer ;
- contre Thierry Gaubert, deux ans d’emprisonnement aménagés sous bracelet électronique, 150 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité ;
- contre Bechir Saleh, six ans d’emprisonnement assortis d’un mandat d’arrêt, 4 millions d’euros d’amende et quinze ans d’interdiction de gérer ;
- contre Wahib Nacer, quatre ans d’emprisonnement, 2 millions d’euros d’amende, cinq ans d’interdiction de gérer, cinq ans d’interdiction d’exercer l’activité de gestionnaire de patrimoine ainsi que la confiscation de trois assurances-vie et d’un véhicule ;
- contre Khalid Ali Bugshan, quatre ans d’emprisonnement avec sursis, 4 millions d’euros d’amende, dix ans d’interdiction de gérer avec exécution provisoire ainsi que le refus de restitution du cautionnement d’un million d’euros ;
- contre Édouard Ullmo, trois ans d’emprisonnement avec sursis, 150 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de gérer. Ce prévenu avait pourtant été relaxé lors du premier procès, l’ancien dirigeant d’Airbus.
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