Dans un contexte où les directions juridiques sont confrontées à une pression croissante sur les délais, les coûts et la maîtrise des risques linguistiques, Legal 230 s’impose comme un acteur clé de la traduction spécialisée. Son CEO, Fabien Bernier, revient sur le virage stratégique pris par l’agence avec Lexa, sa technologie propriétaire d’intelligence artificielle dédiée au droit.
Fabien Bernier (Legal 230) : « Avec Lexa, nous faisons entrer la traduction juridique dans l’ère de l’IA »
DÉCIDEURS. Qu’est-ce qui vous a conduit à développer votre propre moteur de traduction ?
Fabien Bernier. Depuis plusieurs années, nous constatons que les outils d’IA généralistes progressent vite, mais restent inadaptés aux exigences des professionnels du droit. Une traduction juridique n’est pas seulement une question de fluidité : elle engage la sécurité contractuelle, l’interprétation d’une clause, la portée d’un argument ou la cohérence d’un raisonnement. C’est précisément là que les modèles généralistes montrent leurs limites, car ils ne sont pas entraînés sur des corpus spécialisés. Pour répondre à ces enjeux, nous avons fait le choix de développer Lexa, une solution entièrement conçue pour les métiers du droit, et entraînée sur de la donnée juridique qualifiée. Notre objectif était simple : offrir une alternative experte, fiable et souveraine aux solutions généralistes existantes.
En quoi Lexa se distingue-t-elle des outils généralistes ?
Lexa intègre les lexiques officiels des grandes institutions juridiques et financières internationales, ainsi que des corpus spécialisés couvrant l’ensemble des domaines du droit. Cette base de données de plus de 60 millions de documents permet d’affiner la terminologie selon la matière : droit des sociétés, arbitrage, finances, assurance, conformité, etc.
Là où un outil généraliste privilégie une traduction fluide, Lexa privilégie une traduction juste – au sens juridique du terme. Les utilisateurs nous rapportent qu’ils passent en moyenne trois fois moins de temps à relire un texte généré par Lexa que par des outils comme DeepL ou ChatGPT. C’est l’un des marqueurs les plus tangibles de la qualité juridique produite.
Lexa répond-elle aux besoins spécifiques du contentieux ?
Le contentieux international exige une maîtrise parfaite de la nuance, quelle que soit la langue ou la juridiction concernée. Dans un mémoire d’arbitrage, une nuance terminologique peut soutenir ou affaiblir un argument clé.
Lexa a été pensée pour ces contextes : elle respecte la logique argumentative, préserve la structure du raisonnement et harmonise la terminologie d’un document à l’autre.
Un exemple récent illustre bien cela : un cabinet d’avocats nous a confié un ensemble volumineux de pièces financières et contractuelles. Grâce à Lexa, la traduction a été produite avec une cohérence lexicale immédiate, et l’équipe a divisé par trois son temps de revue. Cette rapidité, conjuguée à la précision terminologique, a joué un rôle décisif dans la préparation des écritures.
« Lexa apporte une précision juridique qu’aucun outil généraliste ne peut offrir »
Pourquoi ce choix stratégique ?
Nous tenions à ce que Lexa repose sur une technologie maîtrisée, souveraine et sécurisée. L’intégralité de son développement est réalisée en France, par des équipes spécialisées en IA appliquée au droit.
Cela nous permet de garantir une confidentialité totale des documents, un point crucial pour les professionnels du contentieux. Contrairement aux plateformes internationales, aucune donnée n’est exploitée à des fins d’entraînement sans accord préalable.
Ce positionnement nous permet également d’adapter l’outil en continu aux besoins du terrain : nouveaux corpus, nouvelles typologies documentaires, exigences réglementaires, évolutions jurisprudentielles… Nous ne suivons pas les standards technologiques : nous les définissons pour notre marché.
Quelles évolutions envisagez-vous pour Lexa ?
Nous travaillons actuellement sur l’enrichissement du moteur avec de nouvelles langues tout en intégrant de nouveaux corpus afin d’assurer une amélioration continue de la qualité. Cela demande une révision complète de traducteurs experts et de juristes pour chaque document intégré dans l’IA.
Lexa n’est pas simplement un outil de traduction : c’est une plateforme destinée à devenir un véritable assistant juridique multilingue. Notre ambition est qu’elle aide les cabinets et les directions juridiques à gagner en efficacité tout en réduisant les risques linguistiques inhérents aux procédures complexes.
L’arrivée de l’IA dans le secteur juridique soulève beaucoup de questions, mais elle ouvre surtout des perspectives considérables pour les professionnels du droit. Avec Lexa, Legal 230 propose une technologie qui concilie innovation, précision et souveraineté. Dans un marché où la maîtrise du langage peut conditionner l’issue d’un litige, disposer d’un outil spécifiquement entraîné sur la donnée juridique devient un avantage compétitif décisif.