Mercredi 1er octobre 2025, une vingtaine d’avocats ont déposé une plainte contre Nicolas Sarkozy pour outrage à magistrat et atteinte à l’autorité publique de justice.

Une nouvelle casserole pour Nicolas Sarkozy. À peine déclaré coupable d’association de malfaiteurs dans le dossier libyen, l’ancien président de la République est visé par une plainte portée par une vingtaine d’avocats. Ses ex-confrères lui reprochent d’avoir commis les infractions d'outrage à magistrat et d'atteinte à l’autorité de la justice.


C’est un entretien dans les colonnes du Journal du dimanche (JDD) le 27 septembre, donné après sa condamnation à cinq ans de prison ferme, qui aurait fait tiquer une partie des robes noires. Nicolas Sarkozy y expliquait notamment que cette condamnation « violait toutes les limites de l’État de droit ». Le pénaliste Jérôme Giusti a pris l'initiative de la plainte, il s'en explique : « Tout le monde a le droit de critiquer une décision de justice. Nicolas Sarkozy a le droit de se défendre. Mais il y a des limites. On ne peut pas laisser passer cette attaque en règle de la justice. » Il faut rappeler que la présidente du tribunal qui a condamné Nicolas Sarkozy, Nathalie Gavarino, a été menacée de mort. Deux enquêtes distinctes sont ouvertes par le parquet de Paris.

Se faisant porte-parole des robes noires, Jérôme Giusti déclare : « Nous considérons qu’en tant qu’avocats et auxiliaires de justice, nous sommes personnellement victimes de cette atteinte à la justice. » Les avocats ont selon lui la mission de faire en sorte que les citoyens aient confiance dans les juges, les magistrats et les avocats. « C’est une atteinte à notre exercice que de mettre en cause l’institution judiciaire », décrypte-t-il. 


Complot des juges


Trois passages de l’interview de Nicolas Sarkozy seraient visés par la plainte. Celui dans lequel il estime que sa condamnation « violait toutes les limites de l’État de droit » ; celui où il qualifie les actes de justice le concernant à des « pratiques si contraires à l’État de droit ». Le troisième passage problématique est celui dans lequel il affirme qu’il ne pliera pas « face au mensonge, au complot et à l’insulte », des juges, donc. Des propos qui jettent le discrédit sur l’institution judiciaire, « de nature à affaiblir la confiance des citoyens dans l’impartialité et l’indépendance de la justice », selon les signataires de la plainte. Ces derniers pointent aussi du doigt l’ancien avocat parce qu'il agit en connaissance de cause. Il est capable de mesurer la portée de ses paroles sur l’opinion publique, et du risque de distendre davantage les liens entre les citoyens et la justice.

ALB

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