En décembre 2025, l’État français portait Shein devant la justice et demandait le blocage total de la plateforme après la révélation du scandale des poupées sexuelles. Rejetée par le tribunal judiciaire de Paris, la décision a fait l’objet d’un appel. Ce 19 mars, la cour d’appel de Paris vient de mettre fin à la saga Shein, rejetant la demande de l’État français à l’encontre du géant chinois de l’ultrafast-fashion.

Il est encore possible de faire son shopping sur le site de Shein. C’est la conséquence de la décision rendue par la cour d’appel de Paris ce jeudi 19 mars. L’instance a rejeté la demande l’État français qui réclamait la suspension de la plateforme réservée aux vendeurs tiers sur le site chinois.

En novembre 2025, le scandale de la vente des poupées pornographiques aux allures enfantines explose. C’est Shein qui propose à la vente ce genre de produits ainsi que d’autres illégaux, comme des armes ou des médicaments. L’affaire fait grand bruit et le Parlement européen ainsi que l’État français ne tardent pas à réagir. Le premier demande la suspension temporaire des plateformes commerciales établies hors de l’Union européenne pour non-conformité au droit européen, tandis que le second traîne Shein devant la justice française quelques semaines plus tard, réclamant le blocage total de la plateforme en France.

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Si la suspension demandée par le Parlement européen constituait une mesure temporaire devant l’urgence de la situation en réaction à l’affaire des poupées pédopornographiques, l’action en justice de l’État français visait à interdire totalement la plateforme de revente en ligne. Une demande que le tribunal judiciaire de Paris a jugée « disproportionnée » bien qu’il ait reconnu « un dommage grave à l’ordre public ». Devant la décision rendue en première instance, l’État français a assoupli sa position et a demandé en appel uniquement la suspension de la plateforme de revente destinée à des vendeurs tiers, permettant à Shein de continuer à commercialiser en ligne les vêtements et autres produits de sa propre marque.

La concession n’aura pas suffi pour convaincre la cour d’appel, qui rejette également cette demande, estimant que le retrait des articles litigieux par le géant chinois ainsi que la mise en place d’un filtre d’âge pour la vente de produits pornographiques suffisent à écarter le risque de récidive.

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Shein n’en a toutefois pas fini avec les déboires : le 17 février dernier, la Commission européenne a annoncé ouvrir une enquête à son encontre pour infraction au DSA, le Règlement européen sur les services numériques qui vise à protéger les consommateurs contre tout contenu ou produit illicite en ligne. Bruxelles reproche au géant chinois de la fast-fashion (désormais basé à Singapour) de vendre des produits interdits sur le sol européen, avec en ligne de mire notamment les fameuses les poupées pédopornographiques. Les investigations visent également l’algorithme de la plateforme dont le mécanisme est jugé trop opaque d’après la Commission alors que le DSA exige de la transparence. Le caractère « addictif » du site est également mis en cause par l’institution bruxelloise, qui estime que « les fonctionnalités addictives pourraient avoir un impact négatif sur le bien-être des utilisateurs et la protection des consommateurs en ligne ». Affaire à suivre.