Président du tribunal judiciaire de Bobigny depuis plus de quatre ans, Peimane Ghaleh-Marzban est appelé à présider le tribunal judiciaire de Paris. Son nom a été soumis par le Conseil supérieur de la magistrature.

Le 21 mai 2025, le Conseil supérieur de la magistrature (CMS) révélait le nom de son candidat à la succession de Stéphane Noël, parti à la tête l’Inspection générale de la justice en mars dernier. Il s’agit de Peimane Ghaleh-Marzban, l’actuel président du tribunal judiciaire (TJ) de Bobigny.

Le magistrat a occupé de multiples fonctions. Il commence sa carrière en tant que substitut du procureur à la cour d’appel de Versailles. Entre 2001 et 2004, il est tour à tour magistrat à la Direction des affaires criminelles et des Grâces au ministère de la Justice, et chargé de mission et de communication du procureur général de la cour d’appel de Paris. Il s’envole ensuite pour six ans à la Cour de cassation, tout d’abord en tant que chargé de mission, puis secrétaire général du Parquet. Entre 2011 et 2015, il occupe le poste de secrétaire général du Conseil supérieur de la magistrature. Peimane Ghaleh-Marzban s’installe ensuite au tribunal de grande instance (TGI) de Paris, où il présidera la 32e chambre correctionnelle spécialisée en matière économique et financière durant presque trois ans. Il retourne par la suite au ministère de la Justice, où il dirige de 2017 à 2020 les services judiciaires, avant de poser ses valises au tribunal judiciaire de Bobigny, réputé difficile.

Une nomination qui fait l’unanimité

Parmi les dossiers les plus marquants qu’il ait eus à traiter en tant que président de la 32e chambre du TGI de Paris figurent l’affaire Cahuzac et celle de la « taxe carbone ». Si « pendant sa carrière il s’est illustré partout », estime Pierre-Olivier Sur dans un post LinkedIn, c’est à la tête de la juridiction de Seine-Saint-Denis que Peimane Ghaleh-Marzban a le plus brillé. Nombreux sont ceux qui le décrivent comme un acharné au travail n’hésitant pas à descendre dans l’arène, « plusieurs fois par semaine » rapporte le Figaro, y compris pour y prendre des audiences de délestage. Et ce, en plus de ses obligations inhérentes à la direction d’un tribunal. C’est à lui que Bobigny doit les formations de jugement consacrées aux violences intrafamiliales et à la justice économique et financière. Et, à l’heure où les relations avocats-magistrats peuvent être particulièrement tendues, Pierre-Olivier Sur salue « l’excellente relation de travail et de confiance qu’il entretenait avec les avocats », ainsi que son « courage » et son « indépendance » lors du procès d’Éric Dupond-Moretti devant la Cour de justice de la République, où il a défendu le Parquet national financier, avec lequel il a travaillé à plusieurs reprises lors de son passage à la 32e chambre (créée pour absorber le surplus de dossier consécutif à la création du PNF).

Alors que le Figaro annonce qu’« il n’y aura sans doute pas une voix pour s’élever contre le choix du conseil supérieur de la magistrature », les trois autres candidats (Benjamin Deparis, président du TJ de Nanterre, Bertrand Menay, président du TJ de Versailles, et Jean Seither, premier président de la cour d’appel de Douai) ont jusqu’au 27 mai pour faire valoir leurs observations. Le conseil supérieur de la magistrature se prononcera ensuite définitivement. La nomination sera effective après publication au Journal officiel du décret du président de la République.

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