Après que Philippe Mettoux a renoncé au poste de ministre d’État de la Principauté de Monaco, le prince Albert II nomme l’ancien préfet Christophe Mirmand.

Jeudi 3 juillet, le prince Albert II a nommé son nouveau ministre d’État. Il s’agit de Christophe Mirmand. Directeur de cabinet du ministre des Outre-mer de Manuel Valls depuis janvier, l’énarque est un habitué des arcanes politiques et administratives françaises. Ancien préfet de la Haute-Loire, de la Savoie, des Alpes-Maritimes, de la Corse-du-Sud, d’Ille-et-Vilaine et des Bouches-du-Rhône, il a également été secrétaire général du ministère de l’Intérieur.

Monaco annonce dans son communiqué de presse avoir choisi l’homme pour « sa grande expérience, son professionnalisme et sa rigueur », autant d’atouts « déterminants pour accompagner la principauté dans ses défis actuels et à venir ».

Chaise musicale

Cette nomination pourrait faire couler moins d’encre si elle ne suivait pas celle, éphémère, de Philippe Mettoux, conseiller d’État et directeur de la compliance et du juridique chez SNCF. Ce dernier, nommé le 4 juin dernier, a renoncé « la mort dans l’âme » à prendre ses fonctions le 27 juin. En cause des « forces négatives et contraires […] d’ores et déjà à l’œuvre pour faire perdurer les pratiques archaïques du passé et (l)’empêcher de mener à bien » sa mission. Il devait succéder au défunt Didier Guillaume, homme politique socialiste, notamment ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation entre 2018 et 2020.

Ce que les deux hommes avaient en commun : n’avoir jamais été préfet. Une nouveauté pour le Rocher. Philippe Mettoux est même magistrat, ce qu’un proche du palais princier de Monaco avait qualifié de « choix fort » auprès de Libération. Albert II a cependant préféré opter pour un profil plus classique et plus traditionnel. Dans une enquête publiée par Libération, certains supputent que cette décision est orientée par le fait qu’« un préfet est fait pour obéir et rendre des comptes ». Selon La Lettre et Le Canard Enchaîné, ce serait plutôt dû à des pressions de l’Élysée.

Terrain médiatico-politico-judiciaire sensible

Toujours est-il que Christophe Mirmand devra faire face aux mêmes défis que son prédécesseur. En premier lieu, la guerre intestine entre d’anciens proches du Prince Albert, surnommés « G4 » – son avocat, son gestionnaire de fortune, son comptable et l’ancien président du tribunal suprême de Monaco – et le magnat de l’immobilier Patrice Pastor. Guerre qui se règle sur le terrain médiatique et judiciaire de la cité-État. Et dans un second temps, le fait que la Principauté a été ajoutée à la liste des pays « à haut risque » en matière de blanchiment de capitaux et financement de terrorisme (LCB-FT) établie par la Commission européenne. Ce à quoi comptait s’attaquer Philippe Mettoux « avant d’en avoir été dissuadé ». Cela ne devrait pas arrêter celui qui est considéré par plusieurs de ses pairs comme « le meilleur préfet de sa génération ».

Christophe Mirmand entrera officiellement en fonction le 21 juillet lors de sa prestation de serment devant Albert II de Monaco.

 

Chloé Lassel

 

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