Mobilité internationale, souveraineté numérique, sécurisation des données : les cabinets d'avocats doivent repenser leur infrastructure numérique et technologique. Patrice Grenier, associé fondateur de Grenier Avocats, et Christopher Moussard, coach digital personnel Parnasse, détaillent comment la marque sur mesure d’Orange est devenue une véritable direction IT externalisée, capable d’orchestrer l’ensemble de l’environnement digital du cabinet.

Décideurs. Comment est née cette collaboration entre Grenier Avocats et Parnasse ?

Patrice Grenier. Le point de départ est très opérationnel. Notre cabinet intervient principalement en contentieux à dominante industrielle, en conformité et en enquêtes. Ce sont des activités qui impliquent des déplacements fréquents, souvent à l’international. Nous sommes la moitié du temps hors de France, parfois dans des zones où les offres télécoms classiques sont peu adaptées ou très coûteuses.

C’est dans ce contexte que j’ai rejoint Parnasse en tant que membre, avec un premier besoin très concret : disposer d’une connectivité mobile fiable, sécurisée et flexible. Les forfaits internationaux sur mesure proposés par Parnasse, pilotés par un interlocuteur unique, ont apporté une réponse simple et fiable.

Très rapidement, les sujets se sont élargis. La question de la sécurisation globale du cabinet s’est imposée : l’environnement internet, les connexions à distance, le télétravail, la visioconférence, les transferts de données. Mais aussi la capacité à répondre à nos obligations professionnelles et de pouvoir justifier par un tiers indépendant certaines de ces obligations envers nos clients. Aujourd’hui, certains d'entre eux nous demandent explicitement de justifier du déploiement d’une charte informatique, nos engagements en matière de conservation des données, voire des garanties sur la souveraineté et la localisation des stockages.

« L’objectif n’est pas de transformer les avocats en experts IT, mais de leur donner les bons réflexes et des interlocuteurs joignables à tout moment. »

Christopher Moussard

Comment un acteur des télécom peut-il répondre à ces exigences sans alourdir la complexité technologique des cabinets ?

Christopher Moussard. L’approche de Parnasse consiste à intervenir en amont, sur l’architecture et les usages, plutôt que d’empiler des solutions techniques. Avec Grenier Avocats, nous avons d’abord travaillé sur un plan de reprise d’activité sur mesure, afin d’identifier précisément les points de vulnérabilité : accès aux données, continuité des services, scénarios d’incident. Ce travail permet ensuite de formaliser des procédures simples, compréhensibles par les équipes, sans créer de friction dans le quotidien du cabinet. Nous accompagnons cette structuration par des formations en présentiel, centrées sur les risques réels rencontrés par les avocats : phishing, compromission de comptes, erreurs humaines. L’objectif n’est pas de transformer les avocats en experts IT, mais de leur donner les bons réflexes et des interlocuteurs joignables à tout moment.

Ces formations sont devenues un élément central de l’accompagnement proposé par Parnasse ?

C. M. Oui. Deux sessions ont été organisées directement au cabinet pour l’ensemble des collaborateurs sur des sujets concrets : comment identifier un mail suspect ? Quelles procédures suivre en cas de doute ? Qui contacter immédiatement ? Nous avons également déployé des outils de transfert de fichiers sécurisés afin de réduire les risques dans les échanges avec les clients et les partenaires. Une politique de sécurité n’a de valeur que si elle est sur-mesure, comprise et appliquée au quotidien.

La souveraineté numérique est-elle devenue un sujet sensible pour les cabinets d’avocats ?

P. G. Oui, clairement. La confidentialité ne se limite plus au secret professionnel au sens classique, mais s’étend à toute la chaîne de traitement des données : où elles sont stockées, qui peut y accéder, dans quelles conditions. Pour certains clients, industriels ou intervenant dans des secteurs sensibles, ces éléments sont devenus des critères de sélection des conseils. Cela implique de faire des choix assumés sur les outils numériques, parfois au détriment de solutions plus répandues, mais moins maîtrisées. C’est un sujet qui relève pleinement de la gouvernance du cabinet, sur lequel le savoir-faire de Parnasse nous apporte une vraie capacité d’arbitrage.

Dans ce contexte, la profession peut-elle encore se contenter d’offres télécoms standard ?

P. G. Non. Dès lors que l’on travaille avec des entreprises de taille significative, dans des secteurs exposés et avec une activité internationale, les offres standard montrent rapidement leurs limites. C’est un coût, mais je le vois positivement comme un avantage compétitif : garantir la disponibilité des services, sécuriser les échanges, prévenir la perte d’informations et la fraude. C’est aussi une question de crédibilité vis-à-vis des clients.

Justement, comment la continuité de service promise par Parnasse se traduit-elle concrètement ?

C. M. De manière très opérationnelle. Lorsqu’un incident survient, un interlocuteur identifié prend immédiatement la main pour qualifier le problème et engager les actions nécessaires sans mobiliser le cabinet. Dans le cas de Grenier Avocats, une panne de connexion a ainsi été résolue par une intervention rapide sur site, avec remplacement du matériel défectueux. Si besoin, nous mettons en place des solutions de secours – clés 5G, redondance des accès – afin d’assurer la continuité de l’activité. Nous travaillons également en proactif, afin d’anticiper les incidents avant qu’ils n’impactent l’activité.

Cette logique s’applique aussi à la mobilité. Les membres disposent de cartes SIM de secours. En cas de perte ou de casse du téléphone, ils peuvent, où qu’ils soient, joindre une personne identifiée. Un appareil de remplacement peut être livré, y compris à l’étranger lorsque les conditions le permettent.

Où placez-vous la limite entre assistance technique et secret professionnel ?

P. G. Elle est clairement définie. Il existe un cadre contractuel avec des clauses de confidentialité strictes. Mais surtout, c’est au cabinet de déterminer quels outils contiennent quelles informations. Les dossiers les plus sensibles restent sur nos logiciels métier, auxquels Parnasse n’a pas accès. Les interventions de Parnasse portent sur l’infrastructure et les environnements numériques, jamais sur le contenu juridique. Cette séparation est essentielle.

« Les attaques cyber passent aujourd’hui par des canaux de plus en plus indirects : plateformes tierces, intermédiaires, outils de partage utilisés dans les contentieux ou les médiations »

Patrice Grenier

C. M. La confidentialité fait partie de l’ADN de Parnasse. La marque a été créée pour accompagner des dirigeants ou personnalités pour qui la discrétion et la continuité numérique sont critiques. Nos équipes sont formées à cette exigence et interviennent avec une grande discrétion, dans un cadre contractuel strict, mais aussi avec une posture adaptée aux professions soumises au secret. Sans cette relation de confiance, aucun accompagnement sur mesure n’est possible.

Les cabinets d’avocats sous-estiment-ils encore le risque cyber ?

P. G. Oui. Les attaques cyber passent aujourd’hui par des canaux de plus en plus indirects : plateformes tierces, intermédiaires, outils de partage utilisés dans les contentieux ou les médiations. Un angle mort que nous avons identifié concerne notamment les stagiaires, qui arrivent pour quelques mois et doivent être intégrés immédiatement aux procédures de sécurité. La formation est donc déterminante.

C. M. Oui, le risque est identifié, mais pas toujours traduit en mesures concrètes. Les attaques les plus fréquentes restent liées aux mails frauduleux. Nous encourageons ainsi nos clients à nous transférer tout message suspect afin de le qualifier rapidement. La cybersécurité est avant tout une culture à construire.

Peut-on parler de Parnasse comme d’une direction IT externalisée ?

P. G. Oui, très clairement. Pour un cabinet de taille intermédiaire, il serait irréaliste de disposer d’une DSI interne équivalente à celle de grands groupes. Le recours à un partenaire comme Parnasse permet de bénéficier d’un haut niveau d’expertise mais surtout d’un interlocuteur unique, qui connaît le cabinet, ses usages et ses contraintes, et qui est capable de coordonner l’ensemble des sujets numériques. Cela nous permet de fonctionner avec les mêmes standards que nos clients, sans alourdir notre structure interne.

C. M. C’est effectivement ainsi que beaucoup de nos clients nous perçoivent. Notre rôle ne se limite pas à des interventions techniques. Nous accompagnons nos Membres dans la durée, avec un suivi régulier des environnements numériques et une présence humaine constante. Nous intervenons à la fois sur des prestations ponctuelles et sur le long terme, en assurant audits, monitoring à distance et mises à niveau.

En quoi le modèle Parnasse se distingue-t-il des approches plus classiques des services numériques auprès des professions réglementées ?

C. M. La différence, c’est un modèle entièrement sur mesure, avec un coach digital personnel comme point d’entrée unique, garant d’une vie numérique simple et sereine au quotidien. Chaque membre dispose d’un interlocuteur identifié, joignable à tout moment, qui connaît son environnement, ses usages et ses contraintes, et qui coordonne l’ensemble des réponses techniques. 

 

Propos recueillis par Jonathan Banuelos

 

Personne citée :

Patrice Grenier

Patrice Grenier

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