S’il se savait destiné à une carrière hors norme, Marc Bornhauser ne s’attendait pas à ce que son rêve se réalise en fiscalité patrimoniale. Une histoire de rencontres, de signes et surtout de travail.
Marc Bornhauser, franc parleur
Le droit n’est pas la motivation première de Marc Bornhauser lorsqu’il quitte le giron familial. Il n’en est pas moins devenu sa vocation. Ce fils d’un homme d’affaires qui a passé son enfance en Touraine, au cœur des vignes et des châteaux, est biberonné à la culture d’entreprise et souhaite faire « comme papa ». Son bac en poche, il s’inscrit à l’université Paris-Dauphine, en économie-gestion, fuyant ainsi la province pour réaliser ses rêves d’entrepreneur.
L’intuition comme moteur
Pari gagné. Bien qu’ayant difficilement obtenu sa première année, il a une révélation : le droit le fascine. Après quelques cours seulement, cet étudiant qui marche à l’intuition décide de se lancer dans un double cursus à l’université Paris-Panthéon-Assas en droit des affaires et fiscalité, premiers pas vers ce qu’il pressent être sa voie. Dans son élément, Marc Bornhauser excelle et décroche un emploi avant même d’être diplômé dans le célèbre cabinet CMS Francis Lefebvre Avocats, d’abord en tant que conseil juridique, puis comme avocat à la suite de la fusion des deux professions. Il quitte le cabinet au bout de trois ans, en quête de renouveau et de reconnaissance, ce qui le conduit à pousser les portes de Siméon & Associés. Si l’expérience en tant que telle n’est pas à la hauteur de ses espérances, elle lui apprend une chose : il est un excellent commercial. Épris de liberté à tout juste 31 ans, ce père de trois enfants, marié à une femme qui passe sa thèse, et ayant contracté un crédit immobilier, saute le pas et crée en 1997 son propre cabinet spécialisé en fiscalité du patrimoine. « Quand on dit que la liberté n’a pas de prix, c’est faux. Elle a un prix à portée de peu de bourses ! » Le risque est grand. Pourtant, fidèle à son intuition, l’avocat devient entrepreneur et la magie opère. C’est à l’ancien patron de son épouse, Philippe Brunswick, qu’il témoigne sa reconnaissance lorsqu’il évoque cette étape de sa vie. Plus expérimenté et dirigeant un cabinet d’affaires, ce dernier l’accueille et lui présente sa clientèle, tout en lui prodiguant ses conseils d’entrepreneur.
Montagnes russes émotionnelles
Marc Bornhauser n’a pas craint de prendre son envol, quitte parfois à y laisser quelques plumes. Il admet avoir commis des erreurs managériales, lui faisant perdre du temps, de l’argent et des associés. Il s’est aussi laissé porter par les rêves des autres. Des erreurs dont il a tiré les leçons, comme cette fois où il a pris peur sur l’un de ses premiers dossiers en tant qu’indépendant, quand il a réalisé que le redressement notifié par le fisc à son client dépassait le plafond de son assurance en responsabilité civile. Heureusement, le redressement fut invalidé par le comité de l’abus de droit, la leçon apprise et le plafond de garantie augmenté !
Malgré ces quelques faux pas dont il parle aujourd’hui avec le sourire, presque nostalgique de ses débuts, cet intuitif n’a jamais trahi ses valeurs. Sa plus grande fierté ? Cette notion de liberté qu’il a introduite au sein de son cabinet. Il se réjouit, par exemple, de permettre à ses collaboratrices de concilier vie professionnelle et vie personnelle, un impératif auquel il tient. Aujourd’hui père de cinq enfants, il estime que sa responsabilité sur ce point est plus que managériale : elle est sociétale. Et, à l’aube de son soixantième anniversaire, il espère que ses collaboratrices prendront le relais à son départ, « mais pas trop tôt », précise-t-il.
« Quand on dit que la liberté n’a pas de prix, c’est faux. Elle a un prix à portée de peu de bourses ! »
Insatiable lorsqu’il est question de travail, cet entrepreneur s’investit dans les problématiques de fiscalité privée comme dans celles propres au métier d’avocat. C’est au cours d’une partie de chasse – un passe-temps qu’il pratique plus pour la convivialité que par pur divertissement – qu’il se laisse convaincre par un ancien bâtonnier de se présenter au Conseil de l’Ordre des avocats de Paris. Élu en décembre dernier en binôme avec Sabrina Kemel, Marc Bornhauser n’en est pas à son premier mandat, puisqu’il a déjà siégé trois ans au Conseil national des barreaux (2021-2023). Son cheval de bataille lors de sa présidence de l’Institut des avocats conseils fiscaux (2017-2020) ? Rapprocher les fiscalistes de leurs instances professionnelles.
Yoga et musique
Son franc-parler a pu en choquer plus d’un et, bien qu’il assume déplaire, quitte parfois à ce que ça ne colle pas avec un potentiel client, il ne changerait de métier pour rien au monde. À ses heures perdues, lorsqu’il ne rédige pas un article pour son blog, il apprécie un bon livre sur la Rome antique ou sur la spiritualité, à l’abri du brouhaha de la capitale, dans sa résidence en Touraine, où il a retrouvé ses marques. C’est au détour d’une mini démonstration de magnétisme que Marc Bornhauser a su qu’il avait une personnalité « out of the box ». « Je ne pense pas comme tout le monde, de façon conventionnelle. » Il cite le sculpteur Paul Belmondo qui, à son petit-fils qui lui demandait pourquoi il continuait à visiter des musées à un âge aussi avancé, répondait : « Mais pour apprendre ! » Car pour lui : « On apprend toujours et tout le temps, c’est ça vivre ! » Voyageur immobile – il a appris le yoga en autodidacte –, Marc Bornhauser traverse les époques et les styles au gré de ses lectures, mais aussi de ses goûts musicaux, passant du classique (Beethoven surtout) à la pop anglo-saxonne : Muse, Vampire Weekend ou encore Pink, pour ne citer que quelques-uns de ses artistes préférés.
Marine Fleury
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