Associée au sein du cabinet BFPL Avocats, Charlotte Hammelrath incarne le métier passion. Tout en douceur et en élégance, maniant l’art du dialogue avec brio, elle donne au droit social toutes ses lettres de noblesse. Portrait.
Charlotte Hammelrath, la balle au centre
Charlotte Hammelrath se souvient d’avoir passé une enfance très heureuse. Dernière d’une fratrie de cinq enfants, elle raconte, grand sourire aux lèvres, avoir été particulièrement choyée par ses parents et ses grands frères et sœurs. Fière de ses origines, elle grandit au sein de l’exploitation agricole que gérait sa grand-mère dans le nord de la France, avant que ses parents n’en reprennent les rênes. À la joie se mêle la fierté quand l’avocate évoque cette aïeule, une femme qui « était en avance sur son temps et lui a toujours inculqué qu’il fallait être indépendante ». De sa jeunesse passée à la campagne, Charlotte Hammelrath a retenu un fort attachement à la terre et aux valeurs humaines. Un héritage familial qui lui a donné l’envie d’exercer un métier tourné vers les autres – d’autant que son grand-père, qu’elle n’a pas connu, était avocat à Bruxelles.
De Lille à Paris
Mais le choix de la jeune femme s’est d’abord porté vers une autre activité profondément humaine : la médecine. Après son baccalauréat, Charlotte Hammelrath s’inscrit à la faculté de médecine à Lille. La biophysique et la biochimie ont toutefois raison de sa motivation, et elle opte finalement pour le droit. Elle prête serment en 1992, puis démarre sa carrière chez Fidal à Lille, avant de passer par les cabinets Bignon Lebray et Racine à Paris.
Août 1995. Chantal Giraud-van Gaver, elle aussi originaire du Nord, recrute la jeune avocate chez Coblence. Devenue associée au sein du département droit social du cabinet, Charlotte Hammelrath y passe une vingtaine d’années. Elle se plonge dans une matière qui demande de « convaincre et d’adopter une fine approche psychologique de toutes les personnes impliquées ». Chez Coblence, l’avocate accompagne de nombreux clients sur tous les enjeux liés à la gestion des relations individuelles et collectives de travail, avec l’énergie et la détermination qui la caractérisent. Depuis 2018, elle est associée au sein du département droit social du cabinet BFPL. Elle y a retrouvé François Berbinau, qu’elle avait connu chez Racine.
« Aller chercher des solutions alternatives au contentieux n’est pas un aveu de faiblesse »
D’un naturel calme et positif, Charlotte Hammelrath est déterminée à faire bouger les lignes. Convaincue du rôle sociétal des entreprises, et particulièrement sensible aux enjeux de qualité de vie au travail, elle accompagne les dirigeants sur l’ensemble des sujets du droit social. Avec un mantra : adopter une approche constructive dans la gestion du conseil et du contentieux, permettant de défendre les intérêts de ses clients tout en ménageant la qualité du dialogue social. « Je crois fondamentalement que l’équilibre et l’harmonie des relations humaines et sociales à l’intérieur d’une entreprise sont les clés de sa réussite et de son développement », argue-t-elle.
Ses secrets pour ne pas se laisser happer dans le vortex d’une pratique où la pression est constante ? Une organisation au cordeau, où rien n’est remis au lendemain, et un bureau parfaitement ordonné, sur lequel ne traîne aucun dossier. Très discrète sur sa vie personnelle, elle évoque toutefois volontiers son goût pour la littérature, l’art contemporain et la nature. Autant de sas de décompression à l’importance capitale dans un quotidien parfois haletant.
Oser la médiation
Charlotte Hammelrath impressionne par son humilité. Un trait de caractère qui infuse sa pratique du droit. Elle met un point d’honneur à toujours remettre la balle au centre, car « la vérité n’est pas nécessairement d’un seul côté ». Son attachement au dialogue et à la négociation l’amène à ajouter une corde à son arc : en 2006, elle devient médiatrice agréée en droit du travail auprès du CPH de Nanterre, de la cour d’appel de Paris en chambre sociale et du CMAP. En dix-huit ans de pratique de la médiation et du règlement des litiges, Charlotte Hammelrath s’est forgé une conviction : « Aller chercher des solutions alternatives au contentieux n’est pas un aveu de faiblesse. » D’autant plus que, même si la médiation ne saurait être une option pour des dossiers purement juridiques, elle est un atout majeur : une entreprise où il y a « peu de contentieux en droit social montre qu’elle a instauré un bon climat, un élément essentiel pour les jeunes générations ».
En France, la médiation est encore peu utilisée, et convaincre les parties prenantes de s'engager pleinement dans ce processus reste un défi. Une tâche qui est loin d’effrayer Charlotte Hammelrath, dont la sérénité et le sourire ne laissent pas indifférent.
Caroline de Senneville
À lire aussi Le dossier intégral des portraits de l'Élite 2025


