Pour Rhadamès Killy, avocat spécialisé en droit du sport, le mouvement est un mode de vie. Celui qui rivalise d’émulation avec les athlètes qu’il accompagne depuis des années partage avec eux le désir de se surpasser et de se maintenir en activité.
Rhadamès Killy, en terrain connu
Se maintenir en activité, toute une philosophie pour Rhadamès Killy. Pourtant, au premier abord, l’avocat renvoie l’image d’un homme naturellement tranquille, qui se confie sans se départir de son flegme : « Je suis un faux calme. »
On pourrait dire que Rhadamès Killy est un produit du voyage. Durant sa jeunesse, il grandit successivement en France, en Suisse puis aux États-Unis. À cette époque, sa vie suit la même cadence que celle de son père, champion de ski puis coureur automobile. Si Rhadamès Killy pratique alors le ski, le football ou encore le rugby, il ne se destine pas à un parcours d’athlète professionnel. À la place, il songe à l’avocature, qui « aux États-Unis, s’impose comme la voie royale ». Après un cursus dans le pays, il commence sa carrière au Royaume-Uni, où les avocats d’affaires selon lui y sont « les meilleurs du monde grâce à leur fine compréhension du business ». Et d’ajouter : « Il ne faut pas oublier que c’est un peuple avec une riche culture du commerce. »
Pas de tricherie
Le sport dans le sang, il slalome entre différentes instances du secteur : du groupe de management sportif IMG à la Fédération française de tennis (FFT) en passant par l’Autorité de régulation des jeux en ligne. Autant de lieux où il côtoie des têtes d’affiche, telles que Patrick Proisy, ancien joueur de tennis finaliste à Roland-Garros 1972 et ancien patron d’IMG France, Jean-Claude Blanc, ancien DG du PSG et actuel CEO d’Ineos Sport, ou encore Jean-François Vilotte, ancien DG de la FFT et actuel DG de la Fédération française de football. Ce dernier marquera « de nombreuses étapes de [sa] vie », les deux hommes ayant chacun exercé au sein de la FFT et du cabinet d’avocats De Gaulle Fleurance. Un temps grand sportif puis arbitre à la Chambre arbitrale du sport du CNOSF, et ensuite directeur juridique et avocat, Rhadamès Killy tire sa force de sa capacité à jouer dans les deux camps. Partout où il passe, un seul objectif : accompagner les athlètes, notamment les footballeurs, et leurs agents, dans le développement de leur carrière. Une mission à laquelle il accorde toute son énergie. De telle sorte qu’il a fini par faire de sa vie un sport et du sport sa vie.
Dans sa spécialité plus qu’ailleurs, « il n’y a pas de place pour la triche ». C’est d’ailleurs l’une des raisons de son attachement au domaine : « Soit on est bon, soit on n’est pas bon, et dans le sport, seul le résultat compte. » Du travail et des résultats authentiques, un peu comme le terroir qu’il apprécie tant. Dans le Tarn, près d’Albi, se niche une maison de famille où il profite de l’air pur, de la terre que cultivent ses cousins et des produits qu’elle offre. Un besoin de sincérité qui prend racine dans les bases les plus simples, à l’image de l’éducation qu’il a offerte à ses enfants. Il s’est attaché à leur donner « l’envie d’être libres des choix qu’ils font », sans jamais oublier de leur « fixer des limites ».
« Finalement, est-ce vraiment mal d’être autocentré ? »
Passionné et insatiable, Rhadamès Killy ne fait pas les choses à moitié. Il met de sa personne dans chaque projet, au point d’y consacrer une ardeur quasi physique. S’il a été casse-cou, la paternité l’a assagi. « C’est une étape qui contribue à être moins autocentré et à se faire passer au second plan », glisse-t-il. Une évolution singulière pour ce « libertarien », trait qu’il a probablement hérité de sa vie aux États-Unis. D’une question rhétorique, il lance : « Finalement, est-ce vraiment mal d’être autocentré ? » Comme un principe essentiel que l’on aurait tendance à négliger, Rhadamès Killy défend le fait de savoir s’occuper de soi-même pour être en mesure d’aider les autres. Il y a deux ans, son parcours éclectique le mène auprès de Xavier Près et de Vincent Varet avec qui il fonde Varet Près Killy, un cabinet spécialisé en droit des technologies, de la propriété intellectuelle et du sport. Une aventure qui prend désormais un nouveau tournant depuis leur récent rapprochement avec le cabinet Valther. De quoi « s’enrichir et rester jeune grâce au besoin d’agilité et d’adaptation » que cela nécessite.
Élixir de longue vie
Rester jeune, mais surtout vivre longtemps, voilà un souhait cher à Rhadamès Killy. Une sorte de paradoxe pour celui qui s’efforce de « rester ancré dans le présent » sans pouvoir nier sa « tendance à la nostalgie ». Son « élixir de longue vie » ? La marche sportive, en plein Paris, à la campagne ou dans les allées verdoyantes du bois de Boulogne. Pour entretenir son capital jeunesse, il cultive son corps comme son esprit. À commencer par la lecture de nombreux ouvrages, parfois jusqu’à six en même temps : « Je n’ai pas de patience pour rester sur un livre trop longtemps, en passant de l’un à l’autre, on crée plus facilement des connexions. » Livres d’histoire, de philosophie ou consacrés à la spiritualité, tous servent à « [l]’alimenter intellectuellement ». Autant de thématiques qui lui permettent « de [se] changer [lui-même] sans pour autant essayer de changer le monde ». Rhadamès Killy donne du grain à moudre à sa matière grise : « Être avocat représente bien plus qu’un métier, je ne coupe jamais… et je ne pense pas prendre ma retraite un jour. »
Entre deux dossiers au profit d’athlètes, de fédérations ou d’agents sportifs, Rhadamès Killy reprend des forces dans des adresses de choix. Sa bien nommée « cantine » n’est autre que Le roi du pot-au-feu, une institution du 9e arrondissement de Paris. « J’aime manger », sourit-il, « en particulier de la cuisine française ou japonaise ». L’un de ses plats japonais fétiches, le natto, se compose de graines de soja fermentées à l’aspect visqueux, souvent accompagnées de riz et de poisson. Original, non ? Si le mets « peut paraître infect pour certains », il répond parfaitement aux goûts de l’avocat. « La cuisine homogène et fade, ce n’est pas pour moi, il faut que ça me transporte », dit-il avec ferveur. Pour régaler ses papilles, rien de mieux qu’un bon Roquefort ou du sucré-salé. De quoi maintenir en haleine cette force vive et lui garantir, qui sait, la longévité dont il rêve.
Léa Pierre-Joseph
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