Associé chez BCTG Avocats, Paul Elfassi ne fait pas partie des appelés du barreau. Ce fils de musiciens a d’abord été attiré par la magistrature. Récit.
Paul Elfassi, le plein d'énergie
Natif de la région parisienne, aujourd’hui associé spécialisé en droit public chez BCTG, Paul Elfassi obtient difficilement son bac. Puis se découvre une passion pour le droit. Tant et si bien qu’il sera major de promotion lors de sa première année d’études. Sans réseau ni attache familiale dans le domaine, il s’imagine magistrat. Finalement, constatant que cette voie ne lui permettra pas de servir son idéal de justice, mais plutôt les politiques internes ou jurisprudentielles, qu’il est un entrepreneur dans l’âme et qu’il reste très attaché à sa liberté – des considérations peu compatibles avec les schémas hiérarchiques classiques de la magistrature –, il se rend à l’évidence : c’est avocat qu’il sera.
Le pragmatisme comme mot d’ordre
Oui, mais dans quel domaine d’activité ? C’est vers le droit public que Paul Elfassi se tourne, d’abord à l’Institut du droit public des affaires, puis en obtenant la mention de spécialisation comme avocat. Un choix motivé par son attachement à l’État et à l’intérêt général, mais également par un amour de l’hyperspécialisation. Certains de ses enseignants le marquent, comme Laurence Burgorgue-Larsen, qui lui fait découvrir le droit constitutionnel, ou Bernard Poujade, pour qui il a travaillé en tant que chargé de TD.
Faire dans les éoliennes : « À l’ époque, il n’y avait même pas de permis de construire ! »
Après un stage chez CMS Francis Lefebvre Avocats, Paul Elfassi décide d’y poser ses valises. Pendant huit ans, sous la direction de Francis Tixier, il travaille principalement pour des entreprises et gère des projets. Et de nous apprendre que c’est la dimension humaine de son activité qui le motive le plus. Il évoque notamment l’un de ses premiers gros dossiers, où il obtient un sursis à exécution qui permet à son client de poursuivre les travaux sur l’un de ses chantiers. Au passage, il sauve la mise à l’un des directeurs, qui jouait la survie de son poste sur cette décision. Le droit de l’énergie, Paul Elfassi dit être tombé dedans un peu par hasard : alors qu’il exerce chez CMS depuis à peine une semaine, EDF Renouvelable consulte le cabinet pour gérer les premières installations d’éoliennes en France métropolitaine. Ce sujet neuf – « à l’époque, il n’y avait même pas de permis de construire ! », ajoute-t-il – se révèle particulièrement stimulant pour cet hyperpragmatique, qui considère que le droit a vocation à avoir des applications concrètes.
Si Paul Elfassi a rejoint BCTG en 2014, il est également administrateur et président du pôle réglementaire du Syndicat des énergies renouvelables depuis plus de huit ans. En parallèle, il a fondé avec des amis l’association Avenirs Énergétiques en 2021, dont le but est de lutter contre la désinformation sur les sujets liés à l’énergie, dans un contexte de crise climatique toujours plus pressant. Son ambition ? Faire germer un débat éclairé et surtout apaisé sur des sujets très politisés, où la juste appréciation des faits passe souvent au second plan.
Young Pope
Guitariste à ses heures – il a grandi dans une famille de musiciens – et faisant quelques séances de sport hebdomadaires, « pour s’entretenir », Paul Elfassi s’est mis récemment au golf, une activité « anti-stress » qui constitue l’une des rares occasions où il se force à couper son portable – avec les moments où il se replonge dans La Confession d’un enfant du siècle d’Alfred de Musset, son livre de chevet. Un romantisme assumé qui ne l’empêche pas pour autant de profiter d’une bonne série à l’occasion : il a ainsi été séduit dernièrement par The Young Pope.
Alors que l’avocat va bientôt fêter ses 25 ans de carrière, ses proches lui demandent s’il se voit continuer à exercer jusqu’à la retraite. Une question qu’il s’est lui-même posée, alors que son activité comprend de plus en plus de gestion. Et si la partie technique du métier l’intéresse toujours, c’est avant tout le soutien qu’il apporte à ses clients qui le motive. Et la liberté que lui offre le métier d’avocat. Ainsi, au fil du temps, l’envie de transmettre grandit-elle, tout comme celle de se trouver un successeur. Repousser l’heure du départ et plaider encore à 70 ans ? Que nenni ! Paul Elfassi compte bien profiter de sa retraite tout en se consacrant à une cause ancrée dans l’humain. Une façon, peut-être, de revenir à ce désir de justice qui l’avait jadis attiré vers la magistrature.
François Arias
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