Associé chez Hogan Lovells, Arthur Dethomas est au sommet de sa carrière. L'avocat parisien, qui égrène les jeux de mots avec aisance, reste convaincu de la nécessité de défendre.

7 janvier, dans un café de l’avenue Matignon. Arthur Dethomas, associé chez Hogan Lovells, se remémore la prise d’otages de l’Hyper Cacher. Ses quatre enfants inquiets de savoir si les fugitifs, cachés dans une forêt, avaient été retrouvés. Et le chef de la police judiciaire menant l’assaut du supermarché avec la brigade de recherche et d’intervention. Il faut dire qu’un mois après les attentats, le patron du 36 quai des Orfèvres a été débarqué. Après une garde à vue, il est contraint de remettre sa carte de police à Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, pour une affaire de violation du secret. Fin de partie brutale pour l’ancien héros, qu’Arthur Dethomas a défendu. Avec succès : il obtient sa relaxe huit ans plus tard. Mais malgré cette victoire, son client n’est pas sorti indemne de la machine judiciaire. « Une carrière brisée en plein vol », pour le pénaliste, qui se rassure un peu : « Aujourd’hui, il écrit des romans et des séries. Il a tourné la page. »
Le droit pénal, le spécialiste du contentieux d’affaires l’a découvert à l’occasion d’un coup de fil. D’abord fasciné par une audience d’assises à laquelle il avait assisté lycéen – « au lieu de fumer des clopes et de jouer de la guitare », qu’il titille encore à l’occasion –, il se lance dans le droit, le bac en poche. À Nanterre et surtout pas à Assas, « pour échapper à son déterminisme social », revendique le Parisien pure souche. Après un LLM aux États-Unis, le jeune juriste est rappelé par la patrouille. Au lieu du service militaire, il opte pour le service de coopération et demande à partir en Russie. Il sera finalement envoyé à Phnom Penh, où il donnera des cours deux années durant. L’une de ses meilleures expériences.

« Sans relever la tête » 

À l’issue de son service et d’un voyage de dix-huit heures en voiture en plein conflit armé, il rencontre plusieurs avocats à Saïgon , à la recherche d’un job. Une révélation pour le jeune avocat diplômé du barreau de New York : pour faire carrière, il doit rentrer en France. « Certains ont trop d’années d’Afrique, d’autres ont trop d’années d’Asie. » C’est en M&A qu’il débute chez Salens, sans aucune expérience dans le domaine. Après seulement trois ans « sans relever la tête », le jeune juriste change son fusil d’épaule. « Tout a changé avec l’appel d’un ami. » Invité à participer à la Conférence du stage pour étoffer la liste des candidats, celui qui deviendra l’une des grandes figures du barreau parisien se prend au jeu et termine premier secrétaire.
Sa première audience sera aussi celle de ses premières assises. Il plaide dans l’affaire du bagagiste de Roissy, et gagne. Mais interrogé sur la raison de son désintérêt pour le pénal général, Arthur Dethomas répond que les criminels sont souvent des gens décevants. Sauf peut-être quelques grands criminels, mais ceux-là, il ne se risque pas à les fréquenter.

Crise et opportunité

Après six années passées chez Cotty Vivant Marchisio & Lauzeral pour apprendre le dur métier du contentieux, ce passionné de musique country se lance à son compte avec l’un de ses anciens camarades de fac. L’audience qui le fera entrer dans la cour des grands se déroule en 2008, devant la première chambre de la cour d’appel de Paris présidée par Jean-Claude Magendie. Face aux avocats les plus en vue de la place, il y défend un hedge fund contre le dépositaire de Lehman Brothers qui vient de faire faillite à New York. Un moment de grâce pour ce plaideur chevronné, qui avoue cependant n’être jamais aussi bon qu’après une audience, à l’heure de refaire le match. 

« Manager participatif » 

L’incorrigible optimiste suit ses envies « plus que l’argent » et rejoint Hogan en tant qu’associé en 2020. Il mène aujourd’hui une équipe de cinq collaborateurs qu’il juge plus brillants que lui et à qui il apprend à gagner même les mauvais dossiers. Ce passionné de l’avocature, membre du conseil de l’ordre et féru d’indépendance, calque son management sur le sergent Perrin, le « manager participatif » de La 317e Section, de Pierre Schoendoerffer. Pour lui, l’essentiel dans un métier si difficile, c’est d’y prendre du plaisir. Gourmet à ses heures perdues, Arthur Dethomas a passé son CAP pâtisserie en 2020. Mais s’il se fascine pour la précision technique de la matière, il concède être avant tout un bec salé. Du sel, en tous cas, la carrière de l’avocat n’en manque pas. Il voit comme un grand luxe d’avoir pu côtoyer une galerie foisonnante de personnes passionnantes, qui lui rappelle les personnages de son roman fétiche, Tous n’étaient pas des anges, de Joseph Kessel. 

Mathilde Aymami

 À lire aussi  Le dossier intégral des portraits de l'Élite 2025 

Prochains rendez-vous

2 juillet 2026 - Pavillon d'Armenonville, Paris
Sommet du Droit en Entreprise
Le rendez-vous privilégié des décideurs juridiques des grandes entreprises et ETI
CONFÉRENCES ● DÉJEUNER VIP ● COCKTAIL ● DÎNER DE GALA ● REMISE DE PRIX
Voir le site

 

7 octobre 2026 - Salons Hoche, Paris
SAFE, Parlons Risques
Le rendez-vous des professionnels du droit et du risque
CONFÉRENCES ● COCKTAIL ● NETWORKING
Voir le site »

 

GUIDE ET CLASSEMENTS

Autopromo site Module Guide Immo 300