Avocate de formation, Monique Pelletier s’est illustrée en politique par son engagement pour la condition des femmes. Ministre déléguée à la condition féminine en 1978, elle a notamment œuvré pour la criminalisation du viol et la pérennisation de la loi Veil, avant de siéger au Conseil constitutionnel de 2000 à 2004. Elle s’est éteinte ce dimanche 19 octobre, à 99 ans.

À l’aube de sa centième année, Monique Pelletier s’en est allée. « La France perd une grande voix pour les droits des femmes, pour leur dignité, pour l’égalité. Son engagement a ouvert des conquêtes majeures et laisse un héritage immense », selon les mots d’Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, sur X.

Née à Trouville-sur-Mer dans le Calvados, Monique Pelletier a suivi une carrière brillante, devenant avocate à seulement 19 ans. Elle a également occupé les fonctions de juge assesseur. L’avocate fait ses premiers pas en politique en 1971, année où elle est élue au conseil municipal de Neuilly-sur-Seine avant de devenir adjointe au maire en 1977. Entre-temps, elle se rapproche de Valéry Giscard d’Estaing et devient secrétaire nationale chargée de la famille et de la femme du parti des républicains indépendants.

Une voix pour les droits des femmes

C’est en 1978 qu’elle fait son entrée au gouvernement en tant que secrétaire d’État auprès d’Alain Peyrefitte, alors garde des Sceaux. Ministre déléguée à la Condition féminine en 1978, puis de la Condition féminine et des Familles de 1979 à 1981 sous Raymond Barre, Monique Pelletier défendra avec ferveur la condition des femmes. Initialement prévue pour cinq ans, la loi Veil, qui légalise l’interruption volontaire de grossesse, sera reconduite en 1979 sous l’impulsion de la ministre. Un an plus tard, Monique Pelletier fait voter une loi qui fait du viol un crime et plus seulement un délit. Son projet « cinq mesures en faveur des femmes » ambitionne d’expérimenter les quotas de femmes sur les listes de candidats aux élections, mais ne reçoit pas le soutien politique escompté. Il sera voté à l’Assemblée nationale, mais jamais discuté au Sénat.

En 1981, elle quitte ses fonctions pour suivre Valéry Giscard d’Estaing lors de sa campagne électorale, dont elle est la porte-parole. Après la défaite du candidat sortant, Monique Pelletier retourne à sa carrière d’avocate. Près de vingt ans plus tard, en 2000, Jacques Chirac la nomme membre du Conseil constitutionnel. Elle y restera quatre ans. À l’époque, elle est seulement la troisième femme – après Simone Veil et Noëlle Lenoir – à siéger parmi les Sages.

Un engagement infatigable

En 2016, l’ex-ministre signe une tribune dénonçant le harcèlement sexuel, déclarant elle-même en avoir été victime alors qu’elle était en poste au gouvernement. Elle continuait de s’exprimer sur la cause qui a animé sa carrière, dénonçant le scandale des mauvaises conditions en Ehpad et s’inquiétant pour le sort des femmes battues. Dans un entretien accordé au Point en 2019, elle estimait qu’il restait « beaucoup de progrès à faire et de progrès à préserver ». « Beaucoup de femmes restent ignorantes de leurs droits ou sont encore insuffisamment recherchées pour leurs qualités », s’inquiétait-elle.

Figure emblématique de la condition féminine et défenseure infatigable des droits des femmes, Monique Pelletier restera dans les mémoires comme une pionnière de l’égalité et de la justice. Aujourd’hui plus que jamais, l’écho de son combat continue de résonner.

Ilona Petit 

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