Curieuse par nature, Laure Bauduret se rêvait tantôt astronaute, tantôt dans le milieu de l’hôtellerie. L’avocate qu’elle est désormais incarne « la relève » du M&A/Private Equity au sein du prestigieux cabinet White & Case où elle fait partie des plus jeunes associés.
Laure Bauduret, comme un poisson dans l'eau
Avec ses yeux rieurs et son sourire dont elle ne se départit pas, Laure Bauduret respire l’optimisme. Un sentiment allègrement confirmé par l’une de ses consœurs. Cet état d’esprit positif, l'avocate de White & Case le doit sans doute en partie à sa famille « très soudée et équilibrée ». Avec un père souvent en déplacement et une mère pharmacien biologiste, rodée au travail de nuit et le week-end, les deux enfants du couple auraient pu grandir un peu livrés à eux-mêmes. C'était sans compter sur la grande implication de leurs parents. Les voir jongler d’une main de maître avec une vie familiale bien remplie et une vie professionnelle prenante a aidé la jeune femme à se projeter vers une carrière exigeante.
Aujourd’hui mariée et mère de trois petits garçons de 6 ans, 4 ans et 7 mois, Laure Bauduret « adore [son] métier ». Elle déteste l’ennui et s’est déniché une activité parfaite pour ne pas y être confrontée : le M&A et le private equity. « Aucune journée ne se ressemble, et en particulier chez White & Case où les clients nous sollicitent pour des dossiers particulièrement complexes. » On entre dans le vif du sujet avec l’une des dernières opérations de ce type qui l’a accaparée en 2025. L’ouverture du capital du groupe Magimix à un fonds d’investissement. En jeu ? Un actif de plusieurs milliards d’euros. « Ce dossier était une belle illustration du rôle de partenaire que je peux avoir en tant qu’avocat M&A, qui ne se cantonne pas au juridique. Cette implication sur les enjeux stratégiques était très valorisante. La dimension humaine était également clé, compte tenu de la nature familiale de l’entreprise », relate Laure Bauduret.
« J'étais goûteuse de McFlurry »
Sans vocation particulière, mais curieuse de tout, Laure Bauduret s’est lancée, après un bac scientifique et malgré une préférence pour les matières littéraires, dans une prépa HEC, une option assez généraliste qui lui permettait de toucher à tout et d’être « intellectuellement très stimulée ». Alors qu’elle intègre la prestigieuse école de commerce, elle est « toujours sans avoir une idée précise de ce [qu’elle] souhaite faire ». C’est l’une de ses cousines juriste qui lui glisse subtilement à l’oreille l’idée qu’elle pourrait faire du droit. Ça tombe bien, HEC lance cette année-là pour la première fois un double diplôme en droit en partenariat avec l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Une formation qui ne lui fait pas peur, l'étudiante redoutant de trouver le temps long à HEC après avoir goûté à la richesse intellectuelle de la prépa.
Être avocate, elle n’y pensait pas vraiment. Mais le destin a la dent dure. Son master 1 validé, elle réussit le CRFPA. Et passe ainsi six mois dans un cabinet d’avocats pendant son année de césure, obligatoire à HEC. Une rencontre avec le métier qui tranche nettement avec l’expérience suivante où la jeune femme joue les « goûteuses de McFlurry » à Barcelone. Celle qui a en fait intégré le service marketing de Nestlé Professionnel est chargée – entre autres – de la présentation des toppings de yaourts glacés pour les restaurateurs. « C’était une belle parenthèse, mais à long terme, je me projetais plus en cabinet ! », se remémore Laure Bauduret. Ce séjour en Espagne derrière elle, la future avocate enchaîne les stages dans des maisons de renom : Cleary en antitrust, Weil Goshal & Manges puis White & Case. Chez ces deux derniers, elle prend naturellement la voie du M&A et du private equity, la double casquette finance et droit bien vissée sur la tête. C’est Linklaters qui lui offrira sa première collaboration en 2015. Elle n’est alors même pas entrée à l’EFB. La firme britannique compte parmi ses effectifs Marc Petitier, un expert en fusions-acquisitions qui deviendra l’un de ses mentors. En 2020, l'avocate suit un mouvement d’associés vers le new-yorkais White & Case et son département M&A & Private Equity. Quatre ans plus tard, elle passe associée. Les dix premières années de sa carrière ont filé à toute allure. Elle les résume par beaucoup de travail et des personnes clés, « qui l’ont soutenue professionnellement et personnellement ». « Ils se reconnaîtront », sourit l’avocate.
Natation artistique
L’avocate préfère la campagne à la ville. Histoire de rentabiliser le temps, elle profite de ses trajets quotidiens pour se plonger dans « des romans historiques très bien documentés », ces ouvrages ayant sa préférence, même si ses lectures sont très éclectiques. Elle recommande chaudement De femme et d’acier, un roman biographique en hommage à Nicole Girard-Mangin, unique femme médecin de l’armée française pendant la Première Guerre mondiale. Le temps qui lui reste une fois ses dossiers fermés et ses enfants couchés, Laure Bauduret le consacre à sa passion d’adolescente avec laquelle elle a récemment renoué : la natation artistique. Et comme elle ne fait pas les choses à moitié, elle prépare – avec ses coéquipières de toujours – les championnats de France. Rien que ça.
Véritable épicurienne aussi, elle aurait aimé être, dans une autre vie, inspectrice au Guide Michelin. Le métier combine « sa grande passion – la bonne chère –, le voyage, la découverte d’autres cultures et la recherche de l’excellence ». Sa reconversion critique culinaire attendra, Laure Bauduret compte bien poursuivre sa route chez White & Case !
Ilona Petit


