À première vue, le parcours de Faustine Paoluzzo semble linéaire, sans fausses notes. Au-delà des apparences, la trajectoire de l’avocate associée chez Duroc Partners révèle une audace constante et une détermination affirmée qui la conduisent aujourd’hui à exercer son rôle d’associée au plus près des enjeux stratégiques des dirigeants qu’elle accompagne.
Faustine Paoluzzo, plus roc que rock
« On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille », chantait Maxime Le Forestier. Pourtant, si Faustine Paoluzzo avait pu, c’est bien eux qu’elle aurait choisis. Née au sein d'une famille d’universitaires – une mère professeure de droit, et un père professeur d’économie et de gestion –, elle voit le jour à Sceaux, dans un foyer où le travail intellectuel est omniprésent, et où le droit s’y invite logiquement. À la maison se mêlent harmonieusement copies, préparations de cours et concepts juridiques « chers à sa mère ». Plus ponctuellement, c’est aussi sur les bancs de l’université, qu’elle fréquente dès son plus jeune âge faute de solutions de garde, qu’elle se familiarise avec le droit. « Ce n’était ni étrange ni compliqué. Ça faisait partie de la vie », se souvient-elle. Évoquant son enfance, Faustine Paoluzzo parle avant tout de liberté. Enfant unique, élevée par des parents qui l’ont eue tardivement, elle grandit au rythme de voyages autour du monde, qui nourrissent très tôt sa curiosité et forgent une maturité peu commune.
Voie rapide, cap maintenu
Au moment de choisir son orientation, le pragmatisme l’emporte. « La faculté de droit était à dix minutes à pied de chez mes parents. » Elle s’y inscrit donc naturellement. Une décision qu’elle ne regrettera pas, les premières années de son parcours universitaire étant synonymes de stimulation intellectuelle : « Quand ce n’est pas compliqué dans la vie, c’est souvent la bonne voie. » Elle poursuit son chemin jusqu’à une spécialisation en droit des affaires, choisie autant par goût que par lucidité. « Je voulais être employable », explique-t-elle. Une formulation à son image, résolument ancrée dans la réalité. Elle prête serment à 24 ans – une prouesse dans la profession –, mais elle n’en reste pas là. Pas de place au doute ni aux félicitations, elle avance. Elle le dit elle-même, elle est « plus TGV que TER ».
Son premier arrêt en gare ? Elle l’effectue chez Brunswick, où elle valide son stage final avant d’être recrutée comme collaboratrice. La dimension opérationnelle du métier d’avocat d’affaires lui apparaît alors. « On nous enseigne beaucoup de choses durant nos études, qui sont intellectuellement satisfaisantes, mais 90 % du métier s’apprend ailleurs. Sur le terrain. » Une immersion qu’elle chérit : « J’ai eu la chance dès le départ d’être intégrée à quelque chose qui allait au-delà de la pratique. » Quatre années passent, Faustine Paoluzzo change de cap et rejoint Jeausserand-Audouard. Un nouveau défi l’attend : participer à la création du département corporate. « Le temps passé au sein d’un cabinet se compte comme en années de chat, tout est multiplié », confie-t-elle. « Les bons moments comme les plus intenses. » Une expérience que l’avocate qualifie de « structurante et exigeante », mais qui lui a permis au fil du temps d’affiner sa compréhension des enjeux auxquels les dirigeants sont confrontés et de la dynamique de développement d’un cabinet en croissance.
« Le temps passé au sein d’un cabinet se compte comme en années de chat, tout est multiplié »
Le 2 juillet 2017 (elle s’en souvient) a lieu « la Rencontre », celle avec Alexandre Dejardin et Erwan Bordet, ses futurs associés et mentors. Une rencontre qui guidera désormais chacun de ses pas. Les trois avocats sont mus par une vision commune : un cabinet d’avocats conçu sur mesure pour accompagner stratégiquement les dirigeants dans les moments clés de la vie entrepreneuriale. En 2022, leur rêve se concrétise. Faustine Paoluzzo et ses comparses fondent le cabinet Duroc Partners, « ma maison ! ». L’avocate y déploie son savoir-faire en private equity, des opérations de haut de bilan, plus particulièrement celles en croissance externe, aux opérations de LBO et de MBO. Son prisme ? Comme toujours, le conseil des dirigeants, des fondateurs et des entrepreneurs. Un pari risqué à 32 ans, mais assumé. « Je suis là où je devais être », souligne celle qui s’implique pleinement dans la vie du cabinet, en participant aux choix structurants comme aux décisions opérationnelles du quotidien. En conduisant ses dossiers avec un haut niveau d’exigence, comme en assurant la montée en compétences de son équipe.
« Notre rôle est d’éclairer la décision, d’anticiper les risques et de sécuriser les opérations, tout en restant alignés avec la stratégie globale du dirigeant », explique-t-elle. Une posture qui suppose à la fois technicité, disponibilité et compréhension fine des enjeux humains et économiques. Un profil qui sied parfaitement à sa personnalité. En janvier 2025, Faustine Paoluzzo devient également associée de Duroc Partners, une évolution naturelle. Un changement de statut qu’elle relativise : « On est exactement la même personne que la veille, mais on n’attend plus la même chose de vous. » Le seul conseil qu’elle s’autorise à donner ? Rester humble. « Rien n’est jamais acquis et c’est ce qui rend le métier trépidant. »
Ne rien laisser sur le quai
En 2023, la maternité frappe à sa porte. Un événement majeur, mais qui ne marque pas de rupture pour celle qui confie « avoir travaillé durant son congé, même de manière limitée ». Soutenue par ses associés, la jeune maman poursuit sa route, mais différemment. Son fils découvre la vie et la suit partout, y compris lors d’une interview chez BSmart, alors qu’il n’a que deux mois. « Ce n’est pas conventionnel, mais c’est la vie. » Elle assume son côté rock'n'roll. Sans doute par mimétisme avec ses parents, elle accepte que sphère professionnelle et sphère personnelle s’entremêlent. Une crainte demeure pourtant : celle de ne pas réussir à tout concilier. Elle la balaie d’un revers de main une fois plongée dans un dossier d’introduction en Bourse : elle comprend qu’elle peut exercer son métier avec toujours autant de plaisir. Certes, différemment, mais « de manière plus intense ». Elle a appris qu'il ne fallait jamais renoncer à quelque chose en route. Féministe assumée, Faustine Paoluzzo croit en la sororité – « il y a beaucoup de choses positives qui peuvent en sortir » – et souhaite « ajouter une petite pierre à l’édifice ». Investie au quotidien aux côtés des dirigeantes et dans des actions de formation pour les femmes, elle entend ouvrir un peu plus la voie et normaliser le fait « d’être une femme, associée, maman et heureuse ». Sans tout avoir. Sans tout sacrifier.
Une trajectoire en mouvement qui « n’est jamais définitivement arrivée quelque part », voilà comment Faustine Paoluzzo se décrit. L’association au sein de Duroc Partners « est l’étape la plus importante de [sa] carrière », confie-t-elle. Pourtant, ce n’est pas la dernière. L’associée entrevoit déjà l’avenir : « Ouvrir un écolodge agricole au Costa Rica. » Plus tard. Quand sonnera le temps de la retraite. En attendant, comme elle l’a toujours fait, elle avance. Avec énergie, sans trop se poser de questions, et sans se retourner.
Alexandre Lauret


