Associé fondateur d’Argos Avocats, Julien Sanciet est aussi celui qui bouscule le M&A à sa manière. Cet hyperactif construit des liens fort avec ses clients, anticipe les angles morts et impose un style unique dans un univers souvent survolté.

« C’est quand même un métier avec beaucoup de psychopathes », confie au bout d’une heure d’interview, et non sans humour, Julien Sanciet, associé fondateur d’Argos Avocats, cabinet indépendant en droit des affaires qu’il a créé en 2020. Pas de sang chaud pour ce Haut-Marnais d’origine, qui se décrit le plus souvent « optimiste et d’humeur égale ». Celui qui a récemment accompagné le fondateur et CEO de Betclic dans l’acquisition par Banijay de son concurrent allemand Tipico (une opération à 9,4 milliards d’euros, dans les annales de l’année 2025) détonne dans le paysage des associés en M&AIl ne faut pas se fier à son calme olympien. D’ailleurs, il n’a pas d’affection particulière pour les héros de l’Olympe, contrairement à ce que pourrait laisser croire le nom de sa boutique. Si cette dernière s’appelle « Argos », c’est par pure logique alphabétique : « Ça commençait par un A, ce qui permettait d’apparaître plus haut dans les classements », explique-t-il, pragmatique. Autre raison de se méfier de son apparente tranquillité : Julien Sanciet va vite. Il court le marathon de Paris en seulement trois heures et a monté son propre cabinet à 33 ans à peine. 

De Bredin à l’indépendance

Pourtant, l’avocat ne vient pas du sérail, il a grandi à Saint-Dizier, de parents ouvriers. Et s’il concède « croire modérément en la méritocratie », son optimisme l’emporte : « Si l'on s’en donne les moyens, on a au moins une chance d’y arriver. » Élève sans point fort ni point faible, ce Parisien d’adoption choisit le droit pour son « côté fourre-tout » et ses similitudes entre les raisonnements juridiques et scientifiques. « Je me suis dit que j’allais tenter ma chance là-dedans », déclare sobrement ce pâtissier amateur. « Là-dedans » s’avérera être le DJCE de Nancy, qui a vu passer quelques nouvelles stars du barreau, Rémi Lorrain ou Mathieu Della Vittoria pour ne citer qu’eux. Alors qu’il est en fac de droit, il tombe sur un article qui dresse le portrait des cabinets Darrois et Bredin, comme deux équipes qui se font face au cœur des arcanes du pouvoir. C’est le déclic pour ce futur avocat. Peu intéressé par les grandes plaidoiries et leurs effets de manche, il choisira le droit des affaires. Une fois l’examen du barreau en poche, il est pris en stage chez Bredin Prat. Cette année-là, il sera l’un des rares de sa promotion à ne pas venir d’une université parisienne ou d’une grande école. Le jeune avocat restera sept ans au sein du cabinet fondé en 1966. Une expérience enrichissante, des gens brillants, des dossiers stimulants. Mais ce n’est pas ce que cherchait le marathonien, attaché à sa liberté. « Dans ce métier, être libre, c’est avoir ses propres clients et son propre chiffre », résume-t-il. Des aspirations coïncidant avec la naissance de ses enfants et un besoin de flexibilité – il devait désormais concilier sa vie de bureau et celle de jeune parent. Il continuera sa course en indépendant.

« J’ai tendance à dépasser mes fonctions » 

Julien Sanciet monte Argos en 2020 et trouve très vite des clients qui lui font confiance. Il accompagne, entre autres, le fondateur de Cafeyn, l’agrégateur de titres de presse en ligne, pour leur premier LBO et leurs acquisitions successives en France comme en Europe, ou encore le groupe de cybersécurité Neverhack lors de l’arrivée du fonds américain Carlyle au capital de la société. Sa trajectoire, il l’a construite moins par réseau que par loyauté. Le small talk, très peu pour lui. L’avocat privilégie les liens durables : « J’ai tendance à dépasser mes fonctions », ironise-t-il à peine, car beaucoup de ses clients deviennent ses amis. Les fondateurs qu’il assiste encore aujourd’hui ne s’y trompent pas, son optimisme est précieux dans les moments importants de la vie de leur société. Un deal, rappelle l’avocat, c’est d’abord une bonne nouvelle, pour le vendeur comme pour l’acquéreur. « Ce n’est pas une guerre, c’est un contrat de mariage. Certes, on prévoit tous les cas de divorce, mais on peut, tant que cela est possible, le faire dans la bonne humeur pour que les clients restent contents de se marier. » Une posture qui fait de lui un ovni dans ces opérations trop souvent parasitées par des rapports de force.

Pâtisserie et physique quantique

En dehors du cabinet, Julien Sanciet ne ralentit pas vraiment. Il court beaucoup — trails, marathons, GR20 —, cuisine aussi, de la pâtisserie principalement, et lit énormément, mais peu de romans. Sa curiosité l’entraîne vers la physique quantique, le déterminisme génétique, l’expansion de l’univers, ou la géopolitique, comme l’atteste l’un de ses livres de chevet, Le Premier XXIe Siècle de Jean-Marie Guéhenno. Le fil rouge de ses lectures ? « Comprendre le monde.» Dans dix ans, il se voit faire grandir Argos, transformer son mini-succès personnel en réussite collective. « Sky is the limit », pourrait-on conclure. Mais ce serait un peu réducteur pour celui qui aime les documentaires sur l’univers. Et c’est peut-être ça, au fond, qui fait de lui un ovni dans la profession. Tracer sa route, sans jamais perdre de vue le monde qui l’entoure.

Céline Toni

Personne citée :

Julien Sanciet

Julien Sanciet

Prochains rendez-vous

2 juillet 2026 - Pavillon d'Armenonville, Paris
Sommet du Droit en Entreprise
Le rendez-vous privilégié des décideurs juridiques des grandes entreprises et ETI
CONFÉRENCES ● DÉJEUNER VIP ● COCKTAIL ● DÎNER DE GALA ● REMISE DE PRIX
Voir le site

 

7 octobre 2026 - Salons Hoche, Paris
SAFE, Parlons Risques
Le rendez-vous des professionnels du droit et du risque
CONFÉRENCES ● COCKTAIL ● NETWORKING
Voir le site »

 

GUIDE ET CLASSEMENTS

Autopromo site Module Guide Immo 300