L’Autorité de la concurrence valide le rachat de Cora par Carrefour. Seules quelques villes verront leurs magasins changer d’enseigne, Carrefour étant contraint les céder à la concurrence, condition sine qua non pour maintenir les prix et protéger les consommateurs.

Une fois de plus, le gendarme français de la concurrence a regardé à la loupe une opération de rachat dans le secteur de la distribution alimentaire. C’est la Commission européenne qui lui avait passé le flambeau en octobre 2023. En jeu : la cession au groupe Carrefour des 186 magasins et des actifs immobiliers constituant l’activité française du groupe Louis Delhaize. Le 13 mars dernier, l’ADLC a annoncé valider, à quelques conditions près devant préserver la concurrence, la prise de contrôle par le mastodonte français de la société de distribution belge.  

Au-delà des enseignes Cora et des supermarchés Match, l’opération concerne la société Delparef qui les exploite, la société Provera – la centrale d’achat de biens de consommation du groupe Louis Delhaize en France –, et la société Galimmo, qui est la foncière derrière les galeries marchandes des hypermarchés Cora. La valeur d’entreprise retenue pour la cession dépasse le milliard d’euros. Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, avait indiqué qu’il s’agissait de “l’acquisition la plus importante pour Carrefour depuis le rachat de Promodès” en 1999.

Huit villes dans le viseur

Cependant, pour les consommateurs et les locataires de locaux commerciaux de huit marchés locaux – couvrant notamment les villes de Vichy, Nancy et Charleville-Mézières, l’Autorité française craignait une réduction de la diversité de l’offre, une détérioration de la qualité du service ou une augmentation des prix. Par mesure de précaution, elle a donc imposé au géant de la grande distribution qu’il prenne quelques engagements. Dans ces huit localités, Carrefour devra céder une partie des boutiques qu’il vient d’acquérir ainsi qu’une galerie marchande et, par ailleurs, mettre fin à un contrat de franchise au profit d’une enseigne concurrente. “Cinq hypermarchés et trois supermarchés [qui] ont généré en 2024 un chiffre d’affaires cumulé légèrement supérieur à 300 millions d’euros”, précise Carrefour dans son communiqué.

Pas de fermeture des magasins

Sur le plan de l’approvisionnement en biens de consommation courante, aucun risque de distorsion de concurrence, conclut l’ADLC. Les magasins français du groupe Louis Delhaize objet de la vente représentant une part faible de l’achat, leur reprise par Carrefour ne devrait pas augmenter radicalement sa puissance d’achat sur les marchés amont de l’approvisionnement en biens de consommation courante.

Du côté des emplois, l’Autorité de la concurrence se veut rassurante. Elle affirme que “la cession de magasins ne signifie pas fermeture des magasins, mais reprise avec changement d’enseigne afin d’écarter les risques de hausses de prix et/ou d’appauvrissement de l’offre au détriment du consommateur”.

Anne-Laure Blouin

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