L’Autorité de la concurrence a validé le projet de rachat de la société Lidl de 19 points de vente de distribution à dominante alimentaire, exploités par l’enseigne Auchan Supermarché, et de 8 stations-service attenantes à certains de ces magasins.
Lidl a le feu vert de l’ADLC pour racheter des enseignes Auchan
Bordeaux, Cannes, Paris, Saint-Raphaël, Antibes, Toulon, Lyon, Grenoble, Nemours… Lidl s’offre 19 magasins Auchan dans l’Hexagone, soit environ 34 000 mètres carrés de boutique. L’allemand présent dans 32 pays avait notifié cette opération le 20 août dernier à l’Autorité de la concurrence, qui a décidé de la valider le 22 septembre, en dépit de la tendance du moment à la concentration dans le secteur de la grande distribution.
Les parts de marché que récupère Lidl restent limitées sur l’ensemble des zones de chalandise concernées. Suffisamment pour préserver les alternatives concurrentes pour le consommateur, estime le gendarme de la concurrence. Du côté des 8 stations essence du lot racheté par l’allemand, l’ADLC ne voit pas davantage de risque pour les automobilistes qui iraient faire leur plein dans ces contrées. Le rachat n’est pas de nature à porter atteinte à la concurrence sur le marché de la distribution de carburants au détail. John Paul Scally, président irlandais de Lidl France, avait annoncé en ce mois de septembre l’objectif de remporter 10 % de parts de marché d’ici à 2030 sur le territoire français. Le dirigeant estime que « Lidl peut monter jusqu'à 2 000 magasins en France ». L’enseigne installée en France depuis 1989, qui a fini par se « déringardiser » à coups de communication massive (plus de 500 millions d’euros investis dans la publicité en 2024 et 2023), n’a pas été épargnée par la crise du pouvoir d’achat, perdant quelque 400 000 clients pendant la crise. Sur le plan international, la maison mère, Lidl Schwarz International, avait déclaré vouloir investir quelque 9,6 milliards d’euros en 2025.
Pour Auchan qui vend à tour de bras des magasins depuis un plan social de novembre 2024, il s’agit de revoir son parc de magasins pour « renforcer sa performance économique tout en veillant à la continuité de l’emploi ». À l’hiver 2024, à l’opposé, l’Autorité française de la concurrence avait autorisé le rachat par Auchan de 98 magasins de distribution à dominante alimentaire sous enseigne du groupe Casino, qui souffrait d’importants problèmes de trésorerie.
Anne-Laure Blouin


