La DGCCRF sanctionne Eurelec, la centrale d’achat européenne de E.Leclerc à hauteur de 33 millions d’euros d’amende. Elle lui reproche de ne pas avoir respecté les délais prévus pour boucler les négociations commerciales en 2025.

33 537 615 euros. C’est le montant de la sanction infligée par la DGCCRF à Eurelec pour avoir commis 70 manquements à « son obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs français au plus tard le 1er mars 2025 », explique la répression des fraudes dans un communiqué.

C’est la deuxième année consécutive qu’Eurelec se fait épingler par la DGCCRF pour ne pas avoir respecté les délais des négociations commerciales annuelles : en 2024, la centrale d’achat avait déjà écopé de 38 millions d’euros d’amende.

Chaque année entre le 1er décembre et le 1er mars, enseignes de grande distribution et fournisseurs négocient les prix auxquels seront vendus les produits dans les supermarchés. Entre les distributeurs et les fournisseurs, la guerre des prix fait rage : tirant profit de leur rapport de force, les enseignes de grande distribution tentent d’imposer aux industriels leurs conditions d’achat tandis que les distributeurs bataillent pour obtenir un prix permettant aux agriculteurs d’être correctement rémunérés.

« Baratin politique »

Souvent accusées de contourner la législation française et notamment la loi Egalim qui vise à protéger les revenus des agriculteurs, les centrales d’achat européennes « sont un moyen de peser face aux multinationales », se justifiait Michel- Édouard Leclerc au micro de Public Sénat ce lundi. Le président du comité stratégique des centres E.Leclerc s’est défendu de ces accusations, dénonçant « un baratin politique ». « Est-ce que j’ai des dossiers de contentieux qui diraient qu’on n’a pas respecté la matière première agricole ? À ma connaissance, non », a-t-il conclu.

« Chantage mortifère »

De son côté, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a qualifié de « chantage mortifère pour l’agroalimentaire » les pratiques de certaines enseignes qui menacent de « déréférencer certaines marques faute d’accord ».

« Les exigences de la grande distribution, en termes de tarifs, sont incompatibles avec les demandes des industriels, soutient la ministre dans un entretien accordé au Parisien. Elle ne discute pas de leurs éventuelles hausses de prix, dans l'immense majorité des cas liées à des hausses de coûts, et elle veut imposer ses baisses de tarif. » En décembre dernier, l’enseigne française et le chocolatier Lindt n’étaient d’ailleurs pas parvenus à s’accorder sur les prix, en conséquence de quoi la marque suisse ne figurait pas dans les rayons des supermarchés Leclerc alors que la saison du chocolat battait son plein en cette période de fin d’année. « En l'occurrence, à l'heure actuelle, ce sont les industriels qui ne nous livrent pas », assure Michel-Édouard Leclerc, qui a également reproché à Annie Genevard de « défendre sa corporation ».

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Ilona Petit 

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