C’est une annonce qui a secoué le milieu de droit des affaires. Le cabinet tricolore vieux de plus de cinquante ans est en redressement judiciaire a annoncé, le média L’Informé le 18 décembre.
DS Avocats, la fin d’une histoire ?
Depuis quelque temps, un bruit courait dans le petit monde des robes noires : DS Avocats était apparemment bien mal en point. C’est désormais officiel selon L’Informé qui titrait ce 18 décembre : « Le célèbre cabinet DS Avocats placé en redressement judiciaire. »
2,5 millions d’euros de dettes
Selon le média, le cabinet aurait déposé le bilan fin novembre et été placé en redressement judiciaire le 10 décembre. Avec plus de 2,5 millions d’euros de dettes, DS Avocats est sous le coup d’une procédure collective ordonnée par le tribunal judiciaire de Paris. La firme a deux mois pour se sortir de ce bourbier.
La raison de ces difficultés financières ? La crise sanitaire, une réduction de son activité à l’international, un endettement élevé dû aux prêts garantis par l’État et le départ de plusieurs associés auraient grandement fragilisé le cabinet, arguent les avocats devant les juges.
Toujours d’après L’Informé, DS Avocats tirerait la langue depuis 2022, ayant notamment fait l’objet de trois procédures de conciliation depuis cette année-là. De guerre lasse et face à de nombreux loyers impayés, son bailleur avait même décidé d’actionner la caution bancaire – d’un montant d’environ 1 million d’euros – cet été. Entre-temps, DS Avocats a déménagé, troquant ses locaux du 16e arrondissement pour des bureaux sur le boulevard Haussmann.
Apparences trompeuses
Pourtant, de l’extérieur, rien ne laissait présager un tel naufrage. Créée en 1972, la firme compte plus de 400 avocats et 28 bureaux à travers le monde, intervenant sur une large gamme de problématiques juridiques, du droit social au droit des assurances, en passant par le droit de l’environnement, le droit de la concurrence, le droit bancaire et financier, le droit pénal des affaires ou encore la propriété intellectuelle, et ce, dans tout type de secteur.
En dépit de ses difficultés financières, DS Avocats n’a pas ralenti le rythme des recrutements en 2025. Cette année, Laurence Ren et Vianney Cuny ont été promus associés, renforçant les activités du bureau chinois pour la première et en droit de l’environnement pour le second. Ironie du sort, en octobre dernier, le cabinet a même accueilli un nouvel associé au sein de sa pratique restructuring.
Devant le tribunal, le patron de DS Avocats et représentant légal de la firme, Yvon Martinet, assure que si « les salaires du mois de novembre 2025 n’ont pas été payés, une avance a été faite en décembre, et les rétrocessions des collaborateurs [sauf leur bonus] ont été versés en novembre ».
Un avenir incertain
Pour l’heure, le cabinet, qui se refuse à tout commentaire sur la situation, poursuit ses activités comme si ne rien n’était. Ses chances de survie sont « possibles » compte tenu « de la poursuite de l’activité », estime le tribunal judiciaire. De son côté, le ministère public semble plus réservé sur son sort à l’issue des deux mois de procédure.
Quant à son avenir, les spéculations vont bon train. Sur LinkedIn, Valentin Tonti Bernard fondateur de Liberall Conseil, un cabinet spécialisé dans le développement des professions libérales, émet plusieurs hypothèses. D’après lui, BDO Avocats aurait manifesté son désir d’intégrer DS Avocats en son sein. Deuxième option, un autre cabinet français dont l’identité reste à ce jour inconnue aurait commencé à approcher certains associés de DS Avocats pour faire émerger un possible projet qui en est encore au stade d’ébauche. Enfin, d’autres associés seraient d’ores et déjà partis. Le sort de DS Avocats sera fixé dans les semaines à venir. Rendez-vous dans deux mois.
Ilona Petit


