Le cabinet d’avocats d’affaires Advant Altana a annoncé, lundi 13 avril 2026, la création d’un advisory board chargé de l’accompagner dans la mise en œuvre de sa stratégie.
Advant Altana se dote un advisory board, un fait inédit pour un cabinet d’avocats
C’est une initiative encore rare dans le paysage juridique français. Le cabinet d’avocats d’affaires Advant Altana a annoncé, lundi 13 avril 2026, la création d’un advisory board chargé de l’accompagner dans la mise en œuvre de sa stratégie. Ce bureau d’un nouveau genre compte quatre personnalités issues du monde économique, choisies pour leur expérience et leur capacité à porter un regard extérieur sur les transformations en cours. Chez les avocats, la gouvernance reste traditionnellement une affaire d’associés et, de plus en plus, d’associées. Les advisory boards demeurent en effet quasi inexistants au sein des enseignes tricolores.
« S’ouvrir davantage au monde économique et à ses enjeux »
Le casting réunit des profils issus d’univers variés – industrie, nouvelles technologies, services. On y trouve Maud Bailly, directrice générale de Sofitel Legend, Sofitel, MGallery & Emblems, Hélène Etzi, présidente de The Walt Disney Company France, Augustin de Romanet, président d’honneur d’Aéroports de Paris, et Laurent Solly, cofondateur d’Advanced Machine Intelligence. Tous ont en commun une expérience de direction, une connaissance fine des enjeux économiques et une capacité à se projeter à long terme. « L’objectif était de réunir des personnalités capables d’apporter des regards différents, exigeants, et en prise directe avec les attentes des entreprises. » Les membres se sont engagés pour une durée de deux ans.
Valérie Lafarge Sarkozy, associée, a déclaré que cet « advisory board incarn[ait] la volonté du cabinet de s’ouvrir davantage au monde économique et à ses enjeux ». Se façonner un positionnement qui dépasse le strict cadre juridique pour embrasser plus largement les réalités opérationnelles des entreprises. L’objectif n’est pas tant de déléguer la décision que de nourrir la réflexion. L’advisory board a vocation à se réunir plusieurs fois par an ; deux réunions ont déjà eu lieu. Il est pensé comme un espace de conseil, de challenge et de projection stratégique. La mise en œuvre opérationnelle, elle, demeure entre les mains des associés.
En creux, cette organisation traduit une évolution du rôle attendu des cabinets d’avocats d’affaires. Sécuriser juridiquement les opérations ne suffit plus. Il s’agit désormais d’accompagner des transformations plus larges, notamment liées à la numérisation ou à l’essor de l’intelligence artificielle. Sur ce point, les premiers échanges avec les membres de l’advisory board ont déjà nourri plusieurs réflexions internes, en particulier sur le positionnement du cabinet et sa capacité à anticiper les mutations du marché. Reste à savoir si cette initiative fera école dans un univers juridique encore marqué par une certaine verticalité et par la prééminence des logiques internes. Affaire à suivre.
Anne-Laure Blouin


