Alors que 72 départements sont en vigilance rouge canicule, les tribunaux sont en surchauffe. Et les avocats aussi, sous leurs robes en laine. À Bordeaux, les avocats et les magistrats sont exceptionnellement autorisés à quitter leur toge.
Canicule : les avocats autorisés à faire tomber la robe
En Gironde, le mercure affiche 42,5 degrés ce jeudi 25 juin 2026. Comme plus des trois quarts du territoire français, Bordeaux est devenue une fournaise depuis le début de semaine. Avec son immense verrière s’étendant sur cinq étages, le tribunal de la ville est particulièrement étouffant.
Dans les salles d’audience, la température avoisine les 40 degrés. « C’est une véritable passoire thermique », commente Emmanuelle Perreux, la présidente du tribunal judiciaire de Bordeaux à Ici Gironde. Au rez-de-chaussée, la salle des pas perdus n’est pas un meilleur refuge. « La salle des pas perdus n’a jamais porté aussi bien son nom, car c’est une vraie cause perdue en termes de rafraîchissement », cingle la magistrate.
Des tribunaux transformés en étuves
« On n’en peut plus. Le tribunal est une serre, et nous, avec nos robes, c’est encore pire. C’est intenable ! », commente Clara Carbonell, avocate au barreau de Bordeaux. Alors, à titre exceptionnel, avocats et magistrats ont été autorisés à plaider sans robe durant la canicule. « On nous le permet, mais un avocat sans sa robe, c’est un avocat qui a perdu son ADN. C’est difficile de se présenter devant un magistrat sans sa robe », souffle Éléonore Trouvé, avocate au barreau de Bordeaux.
Les deux avocates dénoncent « une mise en danger des personnes » et accusent plusieurs malaises.
Il n’y a pas qu’à Bordeaux que le tribunal suffoque. À Nanterre aussi, le palais de justice étouffe sous sa cloche de verre. Ici aussi, avocats et magistrats peuvent se délester de leurs robes noires, « à titre exceptionnel ». Pas moins de 156 dossiers doivent être traités par le tribunal ce matin et les avocats s’entassent dans la salle des pas perdus en attendant leur tour. « On est comme dans une serre, il fait au moins 35°C à 9h », déplore une avocate, éventail à la main.
« On essaie de se débrouiller, car l’institution judiciaire ne peut pas se permettre de s’arrêter tous les jours », résume Emmanuelle Perreux. « On a aussi de l’eau à volonté, pas mal de télétravail », ajoute-t-elle. Les bureaux sont quant à eux équipés de ventilateurs et climatiseurs, rendant la situation un peu plus supportable pour les agents.
Ilona Petit


